
"C'est bien plus que du sexe et ce n'est certainement pas seulement une question de sexe." C'est ce qu'a déclaré jeudi sur RTL la Coordinatrice du Plan d’action national pour la promotion de la santé affective et sexuelle (PAN SAS), Chantal Brochmann. Quatre ministères, ceux de la Santé, de la Famille, de l'Education et de l'Egalité des chances, ont mis en place ce Plan, qui fête ses 10 ans cette année, Désormais il ne s'adresse plus seulement aux enfants et aux adolescents, mais à tous.
Il s’agit d’éduquer progressivement et d'une manière adaptée à l’âge sur la santé sexuelle et affective. "Avec les jeunes enfants" en particulier, "on ne parle pas de sexualité, mais d'émotions, on échange pour apprendre le respect. Qu'est-ce qui est bon pour moi? Et qu’est-ce qui est bon pour mon corps? Où sont les limites?" Ce sont des questions que nous souhaitons clarifier, selon Chantal Brochmann.
Pour sensibiliser des adultes, c'est évidemment une toute autre chose. C'est dans cette optique que le Cesas est opérationnel depuis 2018. Il s'agit du Centre national de référence pour la promotion de la santé affective et sexuelle. Il organise chaque année une semaine de la santé affective et sexuelle avec des soirées thématiques, lors desquelles un film est diffusé et suivi d'un débat, par exemple, sur les violences sexuelles ou les mutilations.
Au cours des 10 dernières années, nous avons réalisé beaucoup de choses, assure Chantal Brochmann. Outre la création du Cesas, il faut aussi souligner l'initiative "Let’s talk about sex". Cette dernière se compose de trois volets. Premièrement un classeur de documents avec des informations vérifiées qui s'adresse aux personnels qui travaillent avec des jeunes. Deuxièmement un kit d'outils qui est destiné à nos partenaires sur le terrain, afin de mettre en place des animations pour aborder le sujet. Et troisièmement des formations, bien sûr, proposées via le Cesas. En plus, un Podcast,: "Méi wéi Sex", a été mis au point, qui s'adresse en fait à tous ceux qui ont un corps. Et il ne faut pas oublier que "désormais, toutes les formes de contraception sont gratuites au Luxembourg. C'est un grand progrès", selon Chantal Brochmann.
Il est également très important d'avoir donné "un ton plus positif" à l'ensemble de l'éducation qui tourne autour de la sexualité. Avant 2012, le discours était orienté autour des maladies. On tentait de prévenir les maladies sexuellement transmisibles et les grossesses non désirées. Désormais on ne parle plus tant de maladies, que d'infections. Concernant les grossesses non désirées, les femmes doivent être soutenues et non jugées. "Elle ne doivent pas avoir l'impression d'avoir fait quelque chose de mal", selon la Coordinatrice.
Les réseaux sociaux constituent le plus grand défi actuel. La sexualité y est souvent représentée de manière négative, avec de nombreux stéréotypes. Par ailleurs, la pornographie est un gros problème. Les enfants sont en contact avec des images pornographiques de plus en plus tôt. Le rapport de BeeSecure retient l'age de 10-11 ans, soit l'âge d'un enfant scolarisé au primaire, met en garde l'invitée. Là, il faut voir comment préparer l’avenir de manière à disposer des ressources nécessaires pour y faire face.