
L'assurance maladie-maternité devrait clôturer cette année, mais aussi l'année 2022, avec un déficit. Ces prévisions ont été présentées mercredi aux partenaires sociaux par les ministres de la Sécurité sociale et des Finances lors de la réunion du comité quadripartite.
La prise en charge par la Caisse nationale de Santé du coût de certaines mesures décidées pour lutter contre la propagation du Covid, a évidemment eu des répercussions sur le budget de l'assurance-maladie. Le coût du congé pour raisons familiales s'élève à 298 millions euros, celui de l'indemnité de maladie à partir du 1er jour d'incapacité de travail pour la période du 1er avril au 30 juin 2020, à 132 millions et celui du congé pour soutien familial, à 500.000 euros, d'après le communiqué du ministère de la Sécurité sociale.
Selon les dernières estimations, en 2022, les réserves financières diminueraient à 790 millions d'euros, ce qui correspondrait à 20,8 % des dépenses courantes ... Il serait trop tôt pour paniquer, mais il faudrait faire attention: tel était le constat mercredi.
Selon le ministre de la Sécurité sociale, Romain Schneider, il s'agirait d'un problème qu'il faudrait aborder structurellement: "Et c'est pourquoi ma proposition est que, la prochaine fois, nous devrions aller au-delà d'un budget pluriannuel pour 2022, peut-être regarder jusqu'à 2025, où cela nous mène, afin d'avoir le temps de contrer cela."
On pourrait par exemple agir via les cotisations, mais aussi via de nouvelles recettes: "Soit auprès des entreprises, qui ont réalisé des bénéfices extrêmes, on peut voir, mais tout cela, ce sont des pistes, qu'on a notées, pour lesquelles on doit conduire un débat."
Il faut chercher à éviter le gaspillage au niveau des dépenses, a déclaré de son côté Carlos Pereira de l'OGBL: "Qu'on tente aussi [d'éviter] d'autres doubles ou triples paiements, comme par exemple, qu'on doive faire trois, quatre fois la même analyse, alors qu'aujourd'hui on peut intervenir avec la digitalisation et améliorer ces situations, via le DSP (dossier soins partagé) et d'autres choses (...)."
Pour le syndicat LCGB, il faudrait voir quelles dépenses pourraient être financées autrement, selon Christophe Knebeler: "Nous avons une idée, c'est le fonds de prévention, qui doit être créé, où les mesures de prévention seront alors plutôt payées via l'Etat que via la CNS. Une autre discussion que nous, en tant que LCGB, avons lancé, c'était de réfléchir à un fonds pour les maladies rares."
Du côté du patronat, il était plutôt question de prudence au niveau des nouvelles prestations et des adaptations de salaires. Jean-Paul Olinger de l'UEL: "C'est un fait que les ajustements de carrière et les augmentations de salaires depuis 2018 plus les prestations qui ont augmenté, commencent maintenant à grignoter les réserves de la CNS."