
Après cette première hausse depuis 11 ans, une autre augmentation de 0,50% suivra en septembre, selon le Gouverneur de la Banque centrale du Luxembourg, Gaston Reinesch, qui était interviewé par RTL mardi. Après septembre, d'autres hausses graduelles pourraient intervenir, parce que, d'après lui, l'inflation n'est pas seulement élevée, mais elle serait "dramatiquement élevée."
Nous serions actuellement dans une situation très compliquée. Nous serions sur une crête très étroite, selon Gaston Reinesch. Parce que d'une part, la BCE a le mandat de veiller à la stabilité des prix - avec l'objectif d'atteindre 2% d'inflation sur quelques années - et que l'inflation est actuellement beaucoup plus élevée. Et parce que d'autre part, il y a un risque de récession, justement si l'on "en fait trop, trop vite". Comme la situation économique et l'emploi sont plutôt bons, la BCE aurait décidé de relever les taux d'intérêt. Même si les taux sont relevés graduellement, les gens qui ont souscrit des prêts ou les économies, comme l'économie italienne, ne risquent-ils pas de se retrouver dans le pétrin? "Nous disons évidemment aussi que nous sommes flexibles, mais nous devons toujours voir comment évolue la situation", explique le Gouverneur de la Banque centrale du Luxembourg.
Alors qu'on considérait il y a quelques mois encore que l'inflation serait juste temporaire, est arrivée, après la forte reprise de la demande fin 2021 après la crise Covid, l'agression de la Russie contre l'Ukraine en février. Pour justifier la politique monétaire plus laxiste d'alors, Gaston Reinesch est aussi revenu à plusieurs reprises en arrière et a expliqué le contexte. Premièrement l'inflation était basse depuis des années et la croissance faible. Deuxièmement, la BCE était généreuse avec les banques, justement pour soutenir l'économie. Il a expliqué qu'au cours des deux dernières années, les banques ont obtenu -0,5% d'intérêt, elles ont donc dû payer pour placer de l'argent auprès des banques centrales, alors qu'elles auraient pu en même temps prêter à -1%. Ce qui aurait été un subside.
En ce qui concerne les mesures issues de la Tripartite, Gaston Reinesch a déclaré qu'il trouverait bon en principe qu'en période de forte inflation, l'index soit modulé et les mesures de compensation auraient du sens. Il lui manquerait toutefois quelque-chose dans le débat au Luxembourg. Comme l'inflation serait en grande partie importée, les importations deviendraient plus chères que les exportations. "Cela signifie que le gâteau devient simplement plus petit et se pose alors une problématique de redistribution", d'après Gaston Reinesch.