
Ce qui se passe à Esch "c'est juste une cynique bataille de pouvoir de la part de trois partis qui, programmatiquement ne vont pas ensemble et qui font simplement des calculs purement arithmétiques pour conserver le pouvoir", a lancé Steve Faltz au micro de RTL au lendemain des élections communales.
Les trois partis qu'il met en cause sont le CSV, le DP et Déi Gréng. Tous trois forment la coalition sortante. Il y a six ans, le LSAP avait cédé son fief de longue date au CSV de Georges Mischo qui avait décroché une victoire historique dans la deuxième ville du pays.
La soirée électorale de dimanche a été des plus tendues à Esch. Tout au long de la soirée et du dépouillement dans les 38 bureaux de vote, les deux rivaux, LSAP et CSV, étaient au coude-à-coude. Il a débouché sur une très courte victoire du LSAP. Jugez plutôt: 36 voix d'écart pour 195.216 suffrages exprimés!
Les deux partis ont obtenu 29,6% des suffrages. Mais pour le LSAP ce résultat traduit une progression de 1,7% par rapport à 2017. Alors que pour le CSV, il est synonyme d'une baisse de 1,3%. Tous deux ont six sièges au conseil communal. Mais chacun interprète les chiffres en sa faveur. Georges Mischo, le bourgmestre sortant, a obtenu 4.977 voix, contre 4.514 voix pour Steve Faltz.
"Nous sommes sortis gagnants. Nous sommes parvenus au renouveau", pose Steve Faltz. Avant d'expliquer que "malheureusement, les Eschois ont souhaité tout autre chose" que "d'observer simplement comment quelque personnes se partagent le pouvoir".
Car le soir-même, les partenaires de la coalition sortante ont annoncé sur les marches de l'hôtel de ville qu'ils avaient l'intention de poursuivre l'aventure ensemble. Malgré la perte d'un siège sur deux des Verts, la coalition tient toujours mathématiquement avec 10 sièges des 19 au conseil communal. Le trio s'était déjà retrouvé avant la fin du dépouillement complet des votes, au grand damm de Steve Faltz.
Il est surtout déçu par les Verts emmenés par Meris Sehovic, co-président du parti et co-candidat tête de liste: "D'autant que nous avons de 90% du programme qui colle avec celui des Verts. On aurait pu s'attendre à plus. On aurait au moins pu se mettre à table avec les Verts, une fois à tête reposée. Mais le jeu était truqué hier soir. Les bureaux n'étaient pas encore dépouillés, qu'ils étaient déjà assis les uns avec les autres. Raison pour laquelle je parle de politique du pouvoir. Il n'est pas question des programmes en réalité".
Pour Georges Mischo, bourgmestre CSV sortant, le message des électeurs était clair à ses yeux: il a reçu l'ordre des électeurs de poursuivre dans sa voie. Le CSV a remporté "2.000 voix de liste de plus que le LSAP, qui n'a que marginalement amélioré son résultat de 2017", appuie le CVS Esch ce mardi soir.
Avant de souligner l'avance de 463 voix de Georges Mischo sur son challenger et de mettre en avant que derrière le bourgmestre, les deux échevins Christian Weis et André Zwally "ont également été confirmés". Christian Weiss a recueilli 3.657 voix (+627 voix/+20,7 %) et André Zwally 3.506 (-9 voix/-0,3 %).
De nouvelles discussions exploratoires ont déjà eu lieu ce lundi matin dans une ambiance constructive entre CSV, DP et Déi Gréng qui misent sur la stabilité et la continuité, selon Georges Mischo.