
La commune d’Hesperange va-t-elle retirer l’autorisation d’installation d’une clinique vétérinaire dans un immeuble d’habitation de la rue Nicolas Wester à Alzingen ? C’est ce qu’a voulu savoir la conseillère municipale du LSAP, Rita Velazquez, lors d’une réunion du conseil municipal à la mi-janvier, en s’appuyant sur une pétition des autres résidents de l’immeuble. Le maire CSV, Marc Lies, a rejeté cette demande, citant le PAG de la commune de Hesperange, qui autoriserait un tel cabinet à cet endroit. Les habitants ne sont cependant pas satisfaits de cette explication et critiquent vivement le vétérinaire et la municipalité.
Pendant des années, les résidents de cet immeuble disent avoir vécu ici dans la paix et la tranquillité. Mais lorsque le cabinet vétérinaire a ouvert ses portes au début de l’année, leur petit paradis s’est transformé en enfer. C’est en tout cas ce qu’affirment au moins cinq personnes qui vivent dans l’immeuble où travaillent les trois vétérinaires depuis janvier.
Un voisin, qui comme toutes les personnes à qui nous avons parlé souhaite rester anonyme, critique le bruit et l’hygiène.
“On sent, on voit l’urine et les excréments partout dans notre immeuble, même à l’entrée. Il y avait du sang, du vomi, on sent tout. Ce n’est pas sûr pour nous, on a peur des microbes, on a peur de tomber malade.”
Un certain nombre de résidents disent même avoir développé des allergies aux animaux. D’un point de vue hygiénique, on s’inquiète également des carcasses des animaux morts, qui sont stockées dans un coffre-fort au sous-sol jusqu’à ce qu’une entreprise spécialisée puisse les récupérer. Ce qui choquerait aussi “émotionnellement” certains résidents.
Une autre femme, qui a une petite fille, s’inquiète pour sa propre sécurité et surtout pour celle de sa fille à cause des chiens. “De gros chiens entrent dans le bâtiment et les espaces sont restreints. Nous ne pouvons pas maintenir une distance de sécurité et nous ne pouvons pas prévoir la réaction des animaux face à nos enfants.”
Les clients et le personnel du vétérinaire laisseraient souvent la porte d’entrée principale ouverte, permettant ainsi à des inconnus d’entrer dans la maison.
Nous avons également discuté avec les responsables du cabinet vétérinaire. Bien qu’ils n’aient pas voulu dire quoi que ce soit au micro, ils ont souligné qu’ils avaient proposé de créer une entrée séparée derrière la maison. Cependant, les autres résidents ne voient pas cela d’un bon oeil, à cause des désagréments que provoqueraient les travaux, et pour une question de principe : aucune modification ne devrait être apportée au bâtiment pour résoudre des problèmes qui n’existeraient que parce que le vétérinaire est désormais présent.
Sans entrer dans les détails, il convient de noter que les deux parties s’accusent mutuellement de diffamer l’autre et d’endommager ses biens. Un employé du cabinet aurait même été blessé lors d’un incident.
Déménager pour passer à autre chose ne serait pas non plus une option, comme l’a expliqué un autre voisin. “Parce que notre bien ici, surtout au rez-chaussée, n’est plus vendable. Personne ne veut acheter un bien au rez-chaussée avec toutes cettes nuisances. 1 million d’euros et même si on veut revendre tous les droits d’enregistrement, ça sera 1,2 million d’euros. Et personne voudrait payer 1,2 millions d’euros avec une clinique ou un cabinet, comme vous le nommez, ici à côté” dit-il.
Un voisin a également critiqué la municipalité de Hesperange.
“Ils ont émis un document de non-objection de l’établissement d’un commerce, sous couvert de deux conditions: le respect des droits tiers et le fait qu’on soit tous informés. On n’a pas été informé en temps utile dans le sens qu’on a été informé le 16.12.2024, on a fait toutes les démarches et le 20.12.2024 on remet la pétition. Mais avec le degrés de confusion et le fait que notre syndic démissionne, on a aucun moyen pour pouvoir réagir.”
Le rôle du syndic est perçu d’un œil critique tant par le vétérinaire que par certains résidents. Apparemment, le vétérinaire n’aurait pas été informé à l’avance que les 11 autres résidents ou propriétaires n’étaient pas d’accord pour qu’il ouvre son cabinet dans leur résidence.
Le maire Marc Lies a indiqué lors du conseil municipal du 17 janvier que le dossier serait transmis à l’inspection sanitaire, entre autres. Il a également été réalisé le même jour une inspection du cabinet en collaboration avec l’École vétérinaire. Les deux autorités n’ont rien relevé de spécial. Mais les voisins se plaignent que l’inspection n’a porté que sur certains aspects et non sur l’immeuble dans son ensemble.
Les voisins tentent maintenant de faire en sorte que le cabinet reconsidère les règles de copropriété dans l’immeuble. Une action en justice contre le syndic et le propriétaire de l’appartement auprès duquel loue le vétérinaire n’est pas non plus exclue. Le maire Marc Lies a également évoqué ce point. Le vétérinaire, lui, serait actuellement à la recherche d’un autre local.