
Le taux de chômage continue d'augmenter et atteint un nouveau pic au vu des deux dernières années. Après être passé de 5,5% à 5,6% en octobre déjà, le taux de chômage a encore grimpé d'un cran pour afficher 5,7% fin novembre révèle ce mercredi l'ADEM.
À l'ADEM étaient justement inscrits 17.439 demandeurs d'emploi en date du 30 novembre 2023. Comparé à novembre 2022, cela représente une hausse de 19.3% ou 2.817 personnes.
Les demandeurs d’emploi les plus qualifiés (diplômés de l'enseignement supérieur) et les jeunes de moins de 30 ans sont les plus touchés. Parmi les nouvelles inscriptions de novembre, 92 inscriptions concernent les réfugiés venant d’Ukraine.

Les métiers qui souffrent le plus de cette hausse du chômage sont liés aux secteurs de la construction, de la communication, média et multimédia. Mais aussi aux secteurs financier, de l'immobilier, de l’industrie, de l’informatique, de la comptabilité, et de la stratégie commerciale.
À noter qu'en novembre, les employeurs ont déclaré 2.553 postes vacants à l’ADEM. Ce sont 22% de moins qu'un an auparavant.
L'emploi a considérablement ralenti depuis le début de l’année "jusqu’à afficher une quasi-stagnation au 3e trimestre. Les services aux entreprises – à l’accoutumée parmi les principaux moteurs de croissance – et la construction contribuent principalement à ce freinage", relève le Statec dans sa nouvelle note de conjoncture.
Malgré "une légère remontée de l’activité en 2024", prédit le Statec, "l’emploi devrait encore ralentir (+1,3% en 2024, après +2,1% prévus pour 2023) et le chômage continuer à s’accroître vers 5.9% de la population active". Le pays renouerait alors avec sa moyenne des 15 dernières années. Dans la zone euro, au contraire, le taux de chômage devrait rester relativement stable.
L’année 2023 est marquée par un "net ralentissement de l’activité en zone euro et certains pays, dont le Luxembourg, n’évitent pas une récession", résume le Statec. Si la zone euro évite pour le moment la récession, elle stagne, et au 4e trimestre, elle "pourrait effectivement basculer en situation de récession".
Ce qui ne facilitera pas la donne pour le Luxembourg où le "contexte conjoncturel est particulièrement dégradé" déjà selon le Statec. L’activité économique y est en baisse par rapport à l’année passée. En cause: les mauvais résultats du secteur financier en termes de volumes et les services non financiers qui "semblent aussi confrontés dans leur ensemble à une situation conjoncturelle dégradée".
Le Statec table sur "une légère récession de l’activité" en 2023, mais note que "la consommation privée des ménages et les dépenses publiques auront contribué à maintenir la demande intérieure intacte". Des rayons de soleil pointent puisque les exportations "devraient reprendre en 2024"et que les taux d’intérêt devraient baisser.
Les trois années 2022-2024 sont déjà qualifiées par le Statec d'"épisode de contre-performance économique du Luxembourg".
À lire également:
Chômage partiel: Davantage d'entreprises déposent une demande pour janvier