
Les tests rapides à l'école sont importants parce que les enfants seront les derniers à être vaccinés, a expliqué mercredi matin sur RTL le virologue Thomas Dentzer, responsable des tests à la cellule de crise Covid du gouvernement.
Un projet pilote va être lancé dans plusieurs écoles, où vont être utilisés des tests rapides par prélèvement nasal. Un premier bilan sera réalisé à Pâques. Le planning est toutefois dépendant de la disponibilité des tests. 500.000 tests ont été commandés et les 200.000 premiers devraient arriver cette semaine. L'objectif est qu'ensuite chacun puisse se tester ainsi.
Nous allons tout d'abord vérifier comment se comportent les tests, ensuite ils seront aussi utilisés dans d'autres écoles. Il y a encore beaucoup d'autres secteurs où ils pourraient être utilisés, comme pour les visites dans les maisons de retraite ou de soins. L'idée serait qu'ensuite chacun prenne ses responsabilités et les utilise s'il veut aller boire un verre avec des amis le soir, par exemple.

Le docteur Dentzer a également souligné le bien-fondé absolu du dépistage à grande échelle, le Large scale testing, malgré son coût élevé. Sur les 12 derniers mois, grâce à cette stratégie, le Luxembourg a mieux résisté à la pandémie que d'autres pays. En juin dernier, les cafés et restaurants avaient rouvert. Aujourd'hui, les clients peuvent se rendre dans les commerces sans rendez-vous. C'est tout autre chose à l'étranger, précise le virologue. La courbe des nouvelles infections continuerait d'augmenter fortement au Grand-Duché, mais arriverait rapidement à un plateau. Le pays serait stable depuis des semaines et cela, malgré les variants qui circulent depuis début novembre, selon le virologue.
Actuellement au Luxembourg, 65% des cas sont dus au variant britannique et 16% au variant sud-africain. Une étude récente des Universités d'Exeter et de Bristol aurait montré que le variant britannique pourrait être plus mortel à 64%. C'est évidemment préoccupant, mais cela ne se serait pas encore confirmé à ce point dans les analyses. Par contre, le nombre des hospitalisations reste élevé, bien que le nombre d'infections soit constant. Cela pourrait être dû au variant britannique, selon Thomas Dentzer.
L'immunité augmenterait de semaine en semaine. Nous pouvons notamment le constater grâce aux tests sérologiques du Large scale. En novembre, elle était encore à 6%, puis à 10% en janvier et à présent à 12%. Nous pouvons y voir les premiers effets des vaccinations. Sans vaccins, nous en serions probablement à 10%.
Cela signifierait que jusqu'à présent, environ 62.000 personnes ont été en contact avec le virus, et si nous rapportons cela au dépistage à grande échelle, où près de 60.000 cas positifs ont été diagnostiqués à ce jour. Cela signifierait que le nombre de cas non recensés serait très limité au Luxembourg. Cela aiderait aussi à comprendre, pourquoi les courbes atteignent aussi rapidement un plateau au Grand-Duché. A la différence d'autres pays, ajoute Thomas Dentzer.
Au début, nous n'étions pas certains que les personnes vaccinées ne pouvaient plus être contaminées. Entretemps, il y a eu d'autres études et elles indiqueraient que 70 à 90% des vaccinés sont protégés. Ceux-là n'attraperaient plus le virus. Ce serait rassurant. "Pour moi, c'était la nouvelle la plus importante de ces quatre dernières semaines", a affirmé Thomas Dentzer.
Il resterait donc une petite possibilité de transmettre le virus malgré la vaccination. Voilà pourquoi le ministère de la Santé appelle toujours à se faire tester dans le cadre du Large scale testing.