
Le préfet de la Meuse a annoncé jeudi interdire une manifestation non déclarée d’opposants à Cigéo, projet contesté d’enfouissement des déchets nucléaires les plus radioactifs, à Bure.
Les opposants à Cigéo ont appelé à une semaine de mobilisation du 13 au 19 avril, devant s’achever par une manifestation dimanche à Bure.
“Cette manifestation n’a fait l’objet d’aucune déclaration en préfecture” et “aucun organisateur ne s’est identifié” indique la préfecture dans un communiqué. La préfecture ajoute que “les informations recueillies font état de la présence attendue de groupes radicaux, susceptibles de recourir à des actions violentes”.
Évoquant le risque de troubles graves à l’ordre public, la préfecture a annoncé interdire la manifestation, avertissant les éventuels participants qu’ils s’exposent à des poursuites pénales.
Des zones d’exclusion, interdisant la circulation des personnes et des véhicules, seront mises en place, en particulier autour des installations de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), porteuse du projet Cigéo.
En septembre, entre 700 et 2.000 personnes, selon les autorités et les organisateurs, avaient manifesté à Bure, sous haute surveillance policière. La préfecture avait dénombré quelque 200 militants black bloc, vêtus de noir et le visage dissimulé.
Dans un communiqué envoyé mardi, les opposants à Cigéo ont affirmé pour leur part que “la violence qui est constamment mise sous silence c’est bien celle exercée par l’Andra et la préfecture”.
Contesté par des antinucléaires et des associations locales, le projet consiste, à partir de 2050, à enfouir à 500 mètres sous terre 83.000 mètres cubes de déchets de centrales nucléaires devant rester hautement radioactifs pendant plusieurs centaines de milliers d’années.
Une enquête publique a été avancée au mois de mai et l’Andra attend à l’horizon fin 2027-début 2028 le décret d’autorisation de création de Cigéo, qui permettra d’engager la construction du site.
Le coût du projet est estimé par l’État à 33,36 milliards d’euros, bien plus que les 25 milliards envisagés en 2016 par les autorités.