
Une plainte pour “favoritisme” et “prise illégale d’intérêts” a été déposée contre X au Parquet national financier (PNF) après des articles évoquant l’activité de conseil de l’ex-président de la région Grand Est Jean Rottner alors en poste, a-t-on appris vendredi auprès de l’association à l’origine du signalement.
Cette plainte de “AC!! Anti-Corruption”, représentée par Maître Vincent Poudampa, a été adressée au PNF mercredi, selon le bordereau du recommandé consulté par l’AFP.
-> Jean Rottner quitte la présidence de la région Grand Est
Déposée contre X et contre “toute personne ayant commis ou concouru à la réalisation des infractions en qualité d’auteur, ou co-auteur ou complice”, elle ne vise pas explicitement M. Rottner, qui a démissionné de la présidence de la région Grand Est fin décembre pour partir dans le privé, mais fait suite à des articles affirmant qu’il occupait d’octobre 2019 à mars 2022 un poste de consultant au sein d’une société, Adhoc, fondée par Hugues Anselin.
Selon Les Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA) et Rue89 Strasbourg, auquel Jean Rottner a confirmé sa collaboration avec Adhoc, cette activité lui aurait rapporté 150.000 euros.
Dans le même temps, une autre société de chasseurs de tête, coprésidée par Hugues Anselin, a travaillé pour la région présidée par M. Rottner, indiquent les deux médias.
Selon les DNA, ce cabinet aurait notamment remporté un marché de recrutement pour le compte de la région de six cadres, “d’un montant de 60.000 euros”.
Interrogé par Rue89, Hugues Anselin a indiqué que le cabinet de recrutement “avait déjà la Région Alsace comme client” avant la réforme territoriale de 2015 et la création des grandes régions. “Je ne voudrais pas qu’on pense qu’il y a de la collusion, dans le sens où” Jean Rottner, arrivé à la tête de la région en 2017, “bosse pour moi tout en m’apportant du business”, a-t-il ajouté.
La plainte évoque des faits “édifiants” et réclame “l’ouverture d’une instruction pénale”.
Elle pointe le fait que “le désormais ex-président de la région Grand Est, qui a quitté contre toute attente ses fonctions pour devenir directeur régional d’une société de promotion immobilière, s’avère (...) avoir également été payé lors de son mandat par une société qui a pu obtenir des contrats de recrutement”.
Jean Rottner (LR) avait annoncé le 20 décembre qu’il quittait la vie publique et se retirait de “l’ensemble de (ses) mandats” en raison “d’impératifs familiaux”, avant d’annoncer quelques jours après rejoindre le cabinet de conseil et promoteur immobilier Réalités, une annonce qui a suscité une pluie de critiques chez les élus régionaux.
Il avait obtenu un avis “compatible avec réserve” de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) pour rejoindre Réalités.