Stupeur à StrasbourgNi champagne ni raclette au marché de Noël, la polémique enfle

RTL Infos
La ville de Strasbourg a dévoilé la liste des produits interdits à la vente lors du prochain marché de Noël. Depuis, la toile s'enflamme.
© AFP

Pas de tartiflette ni de raclette, pas de champagne, pas de donuts de Noël, pas de pop corn, pas de poulet grillé. Pas de bottes de Noël non plus, ni de casquettes, pas plus que des articles de Noël pour animaux de compagnie. Le marché de Noël de Strasbourg 2022 (25 novembre - 24 décembre) sera régit par des règles strictes, énoncées par la ville écolo de Strasbourg qui met en avant sa quête d’"authenticité”. Au total, la liste des plus de 350 aliments et articles autorisés au marché de Noël a ainsi été mise à jour.

Depuis la divulgation de cette liste, les commerçants, les visiteurs et certains élus sont dans l’incompréhension totale.

“Cette forme de chasse à une soit disante vertu est insupportable. Clownesque” a réagi le président du sommet de la Grande Région, Jean Rottner, sur Twitter.

“A vouloir tout contrôler pour Noël, la municipalité trébuche sur ses préjugés et son idéologie !”, tacle le conseiller municipal d’opposition Alain Fontanel (LREM), candidat malheureux à la mairie en 2020.

“WOKISME A LA CON”

Anne-Pernelle Richardot (PS) évoque elle du “wokisme à la con” dans le quotidien régional les Dernières nouvelles d’Alsace, qui a révélé la liste, quand Pierre Jakubowicz (Horizons) s’étonne “de voir arriver cette liste si tardivement”, a un mois et demi de l’ouverture du marché, alors que la plupart des commerçants commandent leur stock en début d’année.

Le député européen Jerome Riviere (Reconquête) a apostrophé la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian, dans un tweet. “Au marché de Noël de #Strasbourg crucifix et calendriers (de l’Avent) interdits à la vente mais loukoums bienvenus ! C’est une farce @JeanneBarsegh ? Bientôt Noël interdit ?”

“La mise en avant du savoir-faire et de l’authenticité sont primordiaux”, défend Guillaume Libsig, adjoint (SE) en charge de la vie associative, qui siège au sein de cette commission. Selon lui, la liste donne sa “crédibilité à l’événement”.

La ""Capitale de Noël” doit rester dans son temps, répondant aux questions posées par la société sur l’écoresponsabilité, la provenance des produits, le bien-être ou les identités”, explique encore M. Libsig, qui refuse de voir la ville être “un supermarché à ciel ouvert (...) avec des objets vendus ailleurs le reste de l’année”.

Ainsi, concernant la vente de croix chrétiennes autorisée aussi “sous réserves”, “la priorité est d’en avoir qui soient dignes et de bon standing, fabriquées en Europe, et n’arrivant pas dans des conteneurs d’Asie”, fait valoir l’adjoint.

“La liste a été constituée démocratiquement, chaque voix compte”, a défendu auprès de l’AFP Eric Bodein, un forain qui a un stand alimentaire et fait partie des 15 personnes siégeant dans la commission consultative de sélection.

“Le but est d’avoir des articles de meilleure qualité, il y avait un tri à faire”, explique encore le professionnel.

Mardi, dans les colonnes des Dernières Nouvelles d’Alsace, la ville de Strasbourg a néanmoins affirmé que des discussions allaient être entamées au sujet de l’interdiction du champagne...

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