
Une rixe à Gouraincourt dans la nuit de samedi à dimanche et la suite on la connaît. Une quinzaine de véhicules sont incendiés quelques heures plus tard dans les rues de Longwy et de Longlaville. Des faits qui se sont déroulés de minuit à 5 h du matin dont certains détails nous ont été révélé jeudi.
Le poids lourd, stationné dans la rue du 11 novembre à Longwy, aurait été le point de départ des “voyous”, pour reprendre les mots des maires des communes concernées, qui ont investi les rues dans la nuit de dimanche à lundi. D’après nos informations, le premier incendie signalé aux secours serait bien celui de la rue du 11 novembre.
“On m’a dit que mon camion avait été la première cible de ces individus” nous a assuré le routier lors d’un entretien téléphonique. Il ajoute : “C’était un geste calculé, ils savaient qu’éteindre un incendie de cette envergure occuperait les secours. Mon camion a servi de diversion et leur a donné le temps d’incendier plusieurs autres véhicules.”
Un récit confirmé par ce que les autorités ont décrit mardi comme “un jeu du chat à la souris” dans les rues de Longwy et Longlaville. “Ils s’étaient organisés” assurait alors le commissaire Leheup. Une théorie renforcée par le témoignage de pompiers qui nous ont assuré “qu’à chaque fois qu’un incendie était éteint, un autre commençait”.
Mais si les événements du week-end dernier ont mis à vif les habitants de Longwy et Longlaville, pour ce routier, c’est l’après-coup qui a fait mal. Le sinistre de son poids lourd a profondément modifié son quotidien. Autorisé jusque là à rentrer chez lui avec son outil de travail, les choses se sont compliquées lundi.
Il nous explique: “Vous savez quand on a des coupures de neuf heures, passer près de deux heures sur la route ce n’est pas vraiment une alternative. A ce rythme, je dormirais peut-être 5 à 6 heures par nuit.”
Sa carrière, son domicile, ses priorités: en quelques jours, il a tout remis en question. “J’ai pensé à aller travailler autre part, à déménager et à beaucoup d’autres alternatives”, nous a-t-il admis.
Heureusement, avec l’aide du maire de Longlaville, il a pu trouver un nouvel endroit où se garer: “Je dois marcher plus de deux kilomètres pour rejoindre mon camion mais c’est pas grave. Comme ça, je ne dérange personne.”
Pour des raisons évidentes, nous ne divulguerons pas l’endroit où se gare ce routier mais cet arrangement, loin d’être idéal, pourrait être révoqué à tout moment...