
D’un côté les gobelets jetables, de l’autre, les réutilisables. Les organisateurs d’événements avaient le choix avant le 1er septembre 2023. Beaucoup moins depuis qu’un décret relatif aux déchets, à la circularité des matières et à la propreté publique datant de mars de la même année, invite les organisateurs d’événements culturels, récréatifs, sportifs, folkloriques et de loisirs à utiliser des gobelets réutilisables, pour les activités se déroulant tant en extérieur qu’en intérieur.
Cette nouvelle génération de contenants en plastique dur est donc devenue tendance un peu partout, nécessitant un dispositif en backstage pour les laver et les remettre dans le circuit.
Des dents ont commencé à grincer d’un point de vue hygiénique. Surtout sur des événements de plusieurs jours comme un carnaval. Celui de Bastogne n’a pas échappé à la règle l’an dernier, provoquant une épidémie de gastro-entérites possiblement causée par des gobelets insuffisamment lavés. Une alerte qui avait poussé le bourgmestre à donner pour consigne le retour des gobelets jetables pour le dernier jour des festivités.
C’est encore la Nuts City qui a fait parler d’elle la semaine dernière avec une disparition massive de gobelets réutilisables. Vingt-deux mille environ. Certains cassés, d’autres volés et d’autres carrément perdus. Coût de l’opération: 12.500 euros.
Le Pat’Carnaval attire des milliers de personnes pendant trois jours. Les deux premières soirées sous chapiteau entraînent un flux considérable de consommations. Et les organisateurs ont beau disposer des «poubelles» pour collecter les contenants, les pertes n’en restent pas moins majeures.
Le nettoyage matinal du samedi ou du dimanche témoignait déjà d’un amas de gobelets cassés forcément facturés à l’organisation. Une note salée qui pourrait pousser les organisateurs à revenir au bon vieux gobelet jetable.
Les réactions furent nombreuses sur les réseaux sociaux. Certains se demandant pourquoi l’organisation ne demandait pas une caution pour obliger les utilisateurs à ramener le gobelet à bon port. Un défi logistique difficile à surmonter puisqu’il faudrait permettre à des milliers de personnes de remettre leur excédent de gobelets dans un laps de temps très court entre la fermeture du débit de boisson et celle des portes du chapiteau. Sans oublier la masse conséquente de pièces de monnaies qu’il faudrait dans un premier temps collectée pour rendre aux consommateurs.
Des solutions technologiques sont développées comme celle qui consiste à placer des QR-code sur les gobelets. Munis de bracelets, les utilisateurs peuvent déposer les contenants et ainsi se voir rembourser les sommes de départ.
Il reste aussi à voir quelle est la marge de manœuvre des organisations avec la législation même si aux Pays-Bas, la tendance semble être un retour aux gobelets jetables.