
“La route est saturée? La route pollue. Télétravaillons!” propose Pierre Cuny, le maire de Thionville, dans une tribune publiée mercredi.
Avec de nombreux frontaliers installés dans sa ville et des transports routiers et publics proches de l’étouffement aux heures de pointe, l’édile sait que l’enjeu est de taille. Surtout quand la croissance du Grand-Duché promet d’attirer jusqu’à 50.000 frontaliers supplémentaires d’ici 2035.
Jugeant que la présence du Luxembourg est “une chance” pour la région, le Thionvillois espère convaincre la France de faire évoluer plus vite ses lois. Les 29 jours de télétravail négociés en 2018 seront bientôt là, mais le Luxembourg aimerait aller plus loin. C’est d’ailleurs sur des bases plus élevées qu’il négocie le télétravail avec la Belgique: de l’ordre de 48 jours. Soit, en comptant les cinq semaines de congés, au moins un jour par semaine.
Un jour, c’est justement ce que le maire de Thionville aimerait offrir aux frontaliers:“Je réclame ainsi un seuil de un jour par semaine de télétravail autorisé entre le Luxembourg et la France sans remise en question du statut fiscal et social de l’employé” écrit-il. Suffisant pour faire baisser le trafic et la pollution automobile de “20%". “Le gain est énorme.”
Si le Luxembourg a des raisons évidentes d’appuyer sa demande, plusieurs obstacles fiscaux se dressent encore devant l’idée. Car pour la France, cela impliquerait de laisser des salariés d’un pays voisin travailler plus souvent sur son territoire, sans rien toucher en retour sur l’impôt. Oui, ce bon plan pour les frontaliers est une concession financière pour l’Hexagone.
Le quotidien des frontaliers est pourtant en jeu. Eux qui s’infligent de longs trajets en voiture, en train ou en bus, pour gagner leur vie. “De plus en plus font d’ailleurs le choix de quitter leur vie professionnelle au Luxembourg, épuisés par ces trajets inconfortables, stressants et à la régularité incertaine” note-t-il, tout en rappelant que les investissements dans les infrastructures ne suffiront pas à alléger leur peine.
Évidemment, le télétravail n’est pas parfait. Seul, il ne résoudra pas le problème de la mobilité. Et pose inévitablement des questions sur le contrôle des tâches effectuées. Mais que ce soit pour les habitants, les infrastructures ou l’environnement, “nous avons tout à gagner et rien à perdre” souligne finalement Pierre Cuny.