
Paolo Falzone, 38 ans, jugé depuis début mai à Mons (sud), sera fixé en milieu de semaine prochaine sur sa peine de prison. Il encourt jusqu'à 30 ans de réclusion.
En Belgique, la loi prévoit un verdict en deux temps, avec une nouvelle phase de réquisitions et de plaidoiries sur la peine, en cas de condamnation par une cour d'assises.
Cet accident de la route était exceptionnellement soumis à un jury populaire d'assises, en raison des charges retenues par l'accusation, à savoir des homicides volontaires.
Lors du procès, l'accusation a même demandé qu'un des meurtres soit requalifié en assassinat, celui d'un homme resté 22 secondes sur le capot de la voiture avant d'être écrasé. Mais le jury a écarté cette requête dans ses délibérations.
Le drame s'était produit à Strépy-Bracquegnies, un quartier de la ville de La Louvière (sud), le 20 mars 2022, un dimanche de défilé de "Gilles" en sabots, costume à grelots et coiffe blanche.
A 05H00 du matin, de retour de boîte de nuit, Paolo Falzone avait fauché un groupe de plusieurs dizaines de personnes rassemblées sur la chaussée, des hommes costumés et des suiveurs parmi lesquels des femmes et des enfants. A cette heure matinale, c'était le moment du "ramassage", précédant la parade de carnaval.
Six personnes sont tuées sur le coup, tandis que les secours dénombrent une quarantaine de blessés. Un septième décès intervient en 2024.
L'enquête a mis en évidence que, peu avant l'impact, Paolo Falzone roulait à plus de 170 km/h, dans une zone urbaine limitée à 50.
Il réalisait une vidéo destinée aux réseaux sociaux, où il aimait s'afficher en amateur de grande vitesse, dans une BMW au moteur gonflé.
"Me filmer à des vitesses folles, je le faisais assez souvent, je le reconnais, je l'assume complètement (...) J'étais complètement débile de faire ça", a déclaré Paolo Falzone au procès.
Il a toutefois assuré n'avoir jamais eu l'intention de tuer et dit regretter son attitude.
Son co-accusé, qui était son passager au moment de l'accident, Antonino Falzone (sans lien de parenté), a été reconnu coupable de non-assistance à personne en danger.