
Le conducteur mis en cause, tué dans le choc, “présente un taux d’alcool dans le sang de 2,08g/l et il est par ailleurs positif au cannabis”, a détaillé la procureure Carole Étienne, dans une conférence de presse.
Cet homme, âgé de 24 ans, et son passager, 23 ans et gravement blessé, étaient défavorablement connus de la police pour consommation d’alcool, usage de stupéfiants et outrages, avait indiqué dimanche à l’AFP une source policière.
“Les premiers éléments de l’enquête viennent conforter l’hypothèse d’un choc frontal intervenu entre les deux véhicules”, a précisé Mme Etienne, la vidéosurveillance et les témoignages permettant d’affirmer que le véhicule, une Alfa Romeo, “était engagé à contre-sens”.
Le compteur de vitesse de cette voiture “est resté bloqué juste en dessous de 120 km/h”, a-t-elle également souligné. L’équipage policier circulait pour sa part “avec un gyrophare”.
Une enquête a été ouverte pour homicides et blessures involontaires.

Un hommage leur sera rendu aux trois fonctionnaires d’ici la fin de la semaine, a précisé lundi Gérald Darmanin qui était en visite dans le commissariat de Roubaix. Mais le jour de cette cérémonie n’a pas encore été fixé.
L’entourage du ministre précise que le président Emmanuel Macron “a décrété que soit lu un discours d’hommage aux policiers dans tous les commissariats, brigades de gendarmerie, préfectures et sous-préfectures”.
La collision, très violente et qui a également gravement blessé une jeune fille assise dans le véhicule de la police, s’est produite dimanche vers 7h00, sur la RD 700 au niveau de Villeneuve-d’Ascq.
Les trois policiers décédés, deux hommes de 25 ans et une femme de 24 ans, avaient pris leur service une heure auparavant, selon le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) du Nord, Thierry Courtecuisse.

Ils transportaient cette adolescente de 16 ans à l’unité médico-judiciaire de Lille “afin de la faire examiner en urgence par un médecin dans le cadre d’une enquête ouverte pour des faits d’atteinte à sa personne qu’elle avait dénoncés au cours de la nuit”, selon la procureure.
Son état de santé “n’a toujours pas permis de l’entendre”, a-t-elle précisé.

Le pronostic vital du passager de l’Alfa Romeo demeure lui “engagé”. Deux pompiers ont déposé plainte à la suite d’"insultes” prononcées par cet homme “à leur encontre durant l’intervention”, a twitté le président du SDIS du Nord, Jacques Houssin.
Elus locaux, députés et habitants sont venus déposer des fleurs lundi matin au pied de l’imposante bâtisse en briques du commissariat central de Roubaix, parfois une simple rose.
“La vie était devant eux”, a souligné le ministre, qui a évoqué “cet enfant qui va avoir un an et qui ne va pas connaître son père” ou “cette femme enceinte qui ne va pas pouvoir présenter son futur enfant à son papa”.
“C’est important. Ils sont là quand on a besoin d’eux”, raconte Sophie, une trentenaire qui ne souhaite pas donner son nom.
“C’est triste... En plus ils étaient jeunes, ça doit être un choc pour leur famille”, estime Ibtissem Soltani, 18 ans, venue en voisine. “Et puis il y avait une jeune fille avec eux qui a été blessée, ça aussi ça me touche.”
Au milieu des dizaines de roses blanches, un message: “La Nation vous remercie”.
“On reste dans le recueillement, l’émotion. On veut savoir ce qui s’est passé, si les blessés ont été entendus. C’est un drame”, déplore le secrétaire zonal adjoint Alliance dans la région, Arnaud Boutelier.