Incendie en Belgique"La solidarité est normale, c’est notre pays qui brûle"

Jeannot Ries
traduit pour RTL Infos
La bonne nouvelle du jour de l'autre côté de la frontière belge: il a enfin commencé à pleuvoir et les températures ont également baissé.
© RTL Luxembourg

Notre journaliste de RTL, Jeannot Ries, était en direct depuis les lieux dans le journal de 19 heures : "La pluie est arrivée aujourd’hui, mais elle n’a pas pour autant permis d’éteindre l’incendie. La tourbe continue de brûler. Le feu s’est tellement profondément ancré dans le sol durant le week-end que la quantité de pluie tombée aujourd’hui n’a pas suffi à réellement détremper la tourbe. Et c’est justement l’une des grandes préoccupations des pompiers. C’est pourquoi ils mettent actuellement les bouchées doubles pour déverser autant d’eau que possible sur les zones touchées, car le temps devrait à nouveau devenir sec demain."

"Il y a énormément de vent ici, sur le plateau, et ce vent pourrait demain raviver l’incendie. Nous l’avons nous-mêmes constaté aujourd’hui à certains endroits dans la forêt, où peu de pluie était tombée et où le sol était encore relativement sec. Le vent y a très rapidement ravivé les flammes. Un vent qui, par ailleurs, pousse la fumée en direction de l’Allemagne. Aujourd’hui, elle était perceptible et visible jusqu’à Cologne.

"La pluie d’aujourd’hui a également rendu les conditions de travail encore plus compliquées pour les pompiers. Là où il y avait encore de la poussière pendant le week-end, il y a désormais de la boue. Voici l’un des chemins d’accès permettant de rejoindre l’incendie. Et vraiment, le travail ne sera pas facile dans les prochains jours, ni même dans les prochaines semaines. On parle de plusieurs semaines avant que l’incendie soit réellement complètement éteint ici."

Notre journaliste Jeannot Ries s'est rendu sur les lieux des incendies, en Belgique.
Notre journaliste Jeannot Ries s'est rendu sur les lieux des incendies, en Belgique.
© RTL

"La solidarité est normale, c’est notre pays qui brûle"

C’était la nouvelle du jour : il a enfin commencé à pleuvoir et les températures ont également baissé. Mais la pluie tombée aujourd’hui pourrait finalement n’être qu’une goutte d’eau sur une pierre brûlante, puisque le feu s’est entre-temps enfoncé par endroits jusqu’à plus de 70 centimètres de profondeur dans la tourbe.

"Il y a des endroits où il y a six, sept mètres de tourbe. Alors là, à mon avis, ça va durer longtemps. Ils vont devoir continuer à lutter contre le feu pendant plusieurs semaines." La situation serait stable, selon les informations communiquées à la mi-journée par le centre de crise. Les autorités ont désormais un objectif : stopper l’incendie afin qu’il ne continue pas à se propager vers le nord-est, c’est-à-dire en direction de l’Allemagne.

Une tâche particulièrement difficile pour les pompiers, qui viennent désormais de toute la Belgique. La pluie a également apporté son lot de nouveaux défis aujourd’hui. Les neuf avions et hélicoptères bombardiers d’eau n’ont pas pu voler de toute la journée. Il a également fallu renoncer au soutien des agriculteurs. Les étroits chemins forestiers étaient devenus trop glissants.

Des pompiers luxembourgeois ont eux aussi été concernés. Ils n’ont pu intervenir que brièvement ce matin.

"Depuis ce matin, il a bien commencé à pleuvoir. Malheureusement, le vent nous a aussi un peu compliqué la tâche, car plusieurs arbres sont tombés. Et c’est pour cela que tout a également été quelque peu interrompu, parce que le feu est plutôt bien sous contrôle. Mais le danger que, lorsque vous entrez dans la forêt avec les véhicules, un arbre tombe sur un tracteur ou quelque chose comme ça est trop important."

Les pompiers devront déverser des milliers de litres d’eau au cours des prochaines semaines sur les quelque 3.000 hectares touchés, afin d’étouffer le feu qui couve dans la tourbe. Des équipes qui sont souvent isolées pendant des heures sur le terrain.

Dominique et Bernard font partie des habitants qui, depuis les premières heures, approvisionnent bénévolement les pompiers en nourriture et en boissons.

"Depuis vendredi, on tourne, on ne sait pas aller partout. Le matin, on fait la tournée des cafés. Et on se rend compte que, quand ils nous voient arriver, ils sont : “Oh !” Ils sont soulagés de nous voir. Vous l’avez constaté tout à l’heure, ils sont bien contents qu’on vienne les voir. Parce qu’ils sont un peu oubliés, là, s’ils sont au milieu du bois. On peut les aider." La solidarité est partout visible ici, sur le plateau des Hautes Fagnes.

"C’est normal, c’est notre pays qui brûle", répondent spontanément les habitants lorsqu’on les interroge à ce sujet.

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