
Depuis le début de la semaine, le cours du baril de Brent a baissé de presque 12% dans le sillage des propos du président américain Donald Trump sur la tenue de négociations pour un plan de paix avec l’Iran, néanmoins démenties par Téhéran.
“Sur un marché très volatil”, les entreprises de la grande distribution représentées par l’UIP (Auchan, Carrefour, Intermarché, Leclerc, et Système U), “garantissent ainsi que toute baisse de coûts sera immédiatement répercutée vers le consommateur, au rythme des réapprovisionnements et des remplissages de cuves”, a indiqué dans un communiqué l’organisation.
“Tous les efforts seront faits pour que chaque centime économisé à l’achat se retrouve économisé à la pompe”, assure l’UIP (5.200 stations-service soit la moitié du réseau).
Le ministre de l’Economie Roland Lescure a toutefois appelé à la “prudence sur ce point”, en sortie de conseil des ministres. De fait, la baisse d’”à peu près 30 centimes” par litre de carburant, promise plutôt dans le mois par Michel-Edouard Leclerc, n’a pas eu lieu, comme il l’a reconnu lui-même.
Techniquement, la répercussion de la baisse des cours n’est pas réalisée en “temps réel”, mais “dépend du rythme de livraison des carburants au sein des stations-services”, explique un porte-parole l’UIP à l’AFP.
“Pour les grosses stations livrées quotidiennement, les répercussions s’effectuent en quelques jours. Pour les stations étant livrées par exemple tous les 15 jours, cette répercussion est plus longue”, précise-t-on.
Par ailleurs, le ministre des PME et du pouvoir d’achat Serge Papin a estimé que les marges des distributeurs n’avaient pas augmenté depuis la crise pétrolière, “à l’inverse de celles des raffineurs”.
Les enseignes de distribution font régulièrement valoir que leurs marges de distribution sont au plus bas, soit de l’ordre de quelques centimes par litre, du fait de leur modèle économique. “Les stations-services sont des produits d’appels pour les grandes enseignes” qui ont “donc tout intérêt à appliquer une marge ultra compétitive”, selon l’UIP.
Jeudi, le gazole, carburant routier le plus utilisé, se vendait à 2,21 euros le litre en moyenne en France, d’après un calcul AFP réalisé sur les prix rapportés par quelque 9.600 stations à un site gouvernemental.
C’est une augmentation de 49 centimes (+28,86 %) par rapport au 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines sur l’Iran. Le SP95-E10, l’essence la plus consommée, s’affichait à 1,99 euro le litre (+27 centimes et +15,98%), tout près du seuil psychologique de 2 euros.
Les chiffres du gouvernement de la semaine dernière, arrêtés à vendredi et publiés lundi, rapportent eux un prix moyen du gazole à 2,1 euro du litre et à 1,94 pour le SP95-E10.
Il s’agit d’une hausse de 9,1 centimes pour le gazole par rapport à la semaine précédente et de 8 centimes pour le SP95-E10.