Emplois perdus à HagondangeLa France met en oeuvre ses poursuites contre l'ancien propriétaire Greybull

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Greybull, ancien propriétaire de Novasco, dont la fermeture entraîne des centaines de pertes d'emploi, notamment à Hagondange, devra se défendre face à l'État français.
© Jean-Christophe VERHAEGEN / AFP

L’État engage lundi des poursuites judiciaires contre le fonds Greybull, ancien propriétaire de l’aciériste Novasco, qu’il juge responsable de plus de 500 suppressions d’emplois, a annoncé le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin.

“L’État va engager aujourd’hui même une action en responsabilité civile devant le tribunal des activités économiques de Paris”, a déclaré le ministre, lors d’un point presse organisé à Bercy, jugeant que l’Etat “ne peut accepter que la collectivité paye le prix de la défaillance de ce fonds d’investissement”. “Il est indispensable d’envoyer un message très clair que l’Etat ne se laissera pas faire et que l’Etat est aux côtés des salariés”, a-t-il ajouté.

Une première audience, de pure forme, est programmée le 7 mai prochain, a précisé Bernard Grelon, avocat de l’Etat dans ce dossier.

Le ministre a par ailleurs signalé au parquet des faits pouvant relever de l’escroquerie, Greybull étant accusé d’avoir “trompé ou en tout cas de n’avoir pas été totalement loyal” vis-à-vis de ses interlocuteurs sur ses intentions de redresser Novasco, selon Me Grelon.

Le 17 novembre, jour de la décision de justice actant la suppression de plus de 500 emplois de l’aciériste, Sébastien Martin avait annoncé que l’Etat allait poursuivre en justice le fonds d’investissement britannique, qualifié de repreneur “voyou” et tenu pour responsable de ce fiasco industriel.

Les engagements non tenus de Greybull

Greybull, qui avait repris le métallurgiste en 2024, n’avait injecté que 1,5 million sur les 90 millions d’euros promis, tandis que l’Etat avait rempli globalement son engagement d’investir 85 millions, faisant dire au ministre que le fonds d’investissement devait “aux salariés, aux habitants d’Hagondange et à tout ce territoire 88,5 millions d’euros”.

Greybull avait estimé pour sa part “avoir honoré” ses obligations, ajoutant que “malheureusement, l’état réel de l’entreprise – et en particulier l’état de l’aciérie d’Hagondange – s'(était) avéré bien plus préoccupant qu’anticipé”.

La CGT du groupe, également présente lundi, a confirmé son intention annoncée le 19 novembre de s’associer, avec les salariés licenciés, aux démarches juridiques mises en oeuvre par l’Etat.

“Sur les 531 salariés licenciés” à ce jour “il y en a 476 qui se sont inscrits dans la procédure”, la plupart des autres salariés ayant très peu d’ancienneté, a indiqué Yann Amadoro, délégué syndical CGT.

La procédure sera engagée devant les tribunaux judiciaires des quatre sites industriels touchés par des licenciements, pour obtenir “une juste indemnisation des salariés” et “faire reconnaître le comportement fautif de Greybull”, a-t-il ajouté.

“Ceux qui voient les dérives ce sont les salariés sur le terrain, les CSE, les comités d’entreprise”, a fait valoir le délégué syndical, appelant à donner “un peu plus de pouvoir” à ces instances.

Le 17 novembre à Strasbourg, la justice commerciale a décidé la cession partielle de Novasco à un consortium d’investisseurs qui ne conserve qu’une seule usine, celle de Leffrinckoucke, près de Dunkerque. Seuls 145 emplois devaient y être maintenus, sur 696 au total dans les quatre sites de l’entreprise.

La justice a également acté la fermeture des trois autres sites du groupe, à Saint-Etienne, Custines (Meurthe-et-Moselle) et Hagondange (Moselle).

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