Mouvement socialInquiets pour leur avenir, des salariés bloquent la centrale de Saint-Avold

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Des salariés de la centrale électrique de Saint-Avold (Moselle), inquiets de la fermeture de son unité fonctionnant au charbon en 2022 et de la vente de ses activités gaz à Total, bloquent le site depuis lundi, a-t-on appris mercredi de source syndicale.
© JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

“Il y a 100% de grévistes et la centrale”, qui emploie 140 personnes, “est complètement bloquée depuis lundi soir”, a indiqué à l’AFP Bianca Sansinena, secrétaire générale CGT à la centrale thermique Emile-Huchet, rachetée en juillet par le groupe tchèque EPH à l’allemand Uniper. Le site est à l’arrêt et les approvisionnements sont également bloqués, a-t-elle ajouté.

Dans un communiqué, Gazel Energie, qui chapeaute les anciennes activités d’Uniper France rachetées par EPH, indique qu’elle “comprend l’inquiétude des salariés” et “réaffirme sa volonté de développer l’avenir de ses sites en co-construction avec ses salariés et leur demande de reprendre le travail afin de poursuivre le dialogue”.

Le mouvement, initié par l’intersyndicale CGT-FO-CGC-CFTC, s’inquiète des conséquences liées à la vente prévue à Total des deux tranches gaz et des effets que cette cession aura sur les emplois, directs et indirects, et sur l’avenir du site, expose Mme Sansinena.

“On ne sait pas non plus si on va être vendus avec notre statut (actuel) “d’intérêt public” ou sans ce statut”, explique-t-elle encore.

“Au jour d’aujourd’hui, on a aucune réponse, la direction nous dit qu’ils ne peuvent rien nous dire”, avait affirmé mercredi matin la syndicaliste, rappelant que les salariés s’inquiètent aussi de l’arrêt en 2022 de la tranche charbon, où travaillent selon elle une centaine de personnes.

Cette fermeture s’inscrit dans le cadre de l’arrêt programmé des centrales charbon voulu par le président Emmanuel Macron. Il en reste quatre en France : à Cordemais (Loire-Atlantique), au Havre, à Gardanne (Bouches-du-Rhône, également propriété d’EPH), et à Saint-Avold.

“L’entreprise ne peut faire face seule aux conséquences” de cette fermeture annoncée, indique dans son communiqué Gazel Energie, qui demande au gouvernement de préciser “le plus rapidement possible la nature de ses engagements en matière d’accompagnement économique et social des salariés impactés par sa décision de fermer les centrales à charbon”.

Des délégués du site mosellan ont par ailleurs été reçus, mardi et mercredi, au ministère de la Transition écologique “afin de faire des propositions” et tenter de sortir du conflit, a expliqué Mme Sansinena.

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