C’est un des exemples où le Luxembourg a forcé la main à ses voisins. Déjà équipés du nouveau système de sécurité européen ERTMS depuis fin 2017, les CFL et l’Etat ont lancé ce qui s’apparente à un ultimatum aux compagnies ferroviaires voisines: à partir du 1er janvier 2020, les rames qui ne sont pas aux normes seront interdites de circuler au Grand-Duché. Une accélération du calendrier décidée après l’accident ferroviaire du 14 février 2017 à Bettembourg, causé en partie par une défaillance une défaillance du système de sécurité Memor II+.
Pour la SNCF, installer le nouveau système sur ses trains représentent un défi technique et financier. Technique, car les machines sont constamment sollicitées sur ses principales lignes, dont le sillon lorrain. Et financier, car modifier le système coûte cher: plus de 27 millions d’euros pour 25 rames.
Le 13 mars, la SNCF a informé ses abonnés que la mise en place de l’ERTMS était en cours. “Le programme d’équipement nous oblige à immobiliser en permanence quatre rames dans un centre de maintenance pour réaliser les travaux” explique-t-elle dans un mail.
En conséquence, à partir du 1er avril et jusqu’à la fin de l’année, certains trajets vers le Luxembourg pourront être réalisés en deux fois, avec une correspondance à Thionville. Ce sera le cas du train au départ de Nancy à 7h50. D’autres trains pourront rentrer dans le même schéma.
Contactée par RTL 5minutes, la SNCF a expliqué que les rames seraient prêtes dans les temps, sans toutefois s’étendre trop longuement sur le sujet. Plus de 10.000 frontaliers empruntent quotidiennement la ligne entre Nancy et Luxembourg. Une fréquentation telle que la compagnie est obligée de lui allouer en priorité ses rames à deux étages. Il lui reste neuf mois pour installer le nouveau système sur ses rames, et ainsi éviter que des milliers de frontaliers ne soient obligés de prendre la route pour se rendre au Grand-Duché.