Projet "Eve"Comment la province de Luxembourg pallie au manque de vétérinaires

Luc Suriant
Un laboratoire ambulant va sillonner les zones rurales, avec, à son bord, des étudiants. Le projet «Eve» est sur les rails.
© AVPL

Il manque des "vétos"! Le cri du cœur se fait entendre depuis des années dans les fermes de la province du Luxembourg et il était temps que le problème soit pris à bras-le-corps.

"Cette pénurie se fait déjà sentir", confesse le Dr Pascal Guérin du Masgenêt. "50% des jeunes diplômés s’arrêtent dans les 5 ans après leur début dans la profession. C’est une crise de vocation pour la pratique rurale", ajoute le Président de L’Association des Vétérinaires de la Province de Luxembourg.

La députée provinciale Coralie Bonnet a lancé plusieurs actions pour redynamiser le milieu rural dont le projet «EVE» pour Etudiants - Vétérinaires - Eleveurs. Au cœur de ce triangle se retrouvent les étudiants dont il faut stimuler l’intérêt pour la pratique en milieu rural et développer l’appétence pour des animaux autres que ceux de compagnie.
"Il y a de moins en moins d’attrait pour la pratique en milieu rural parce que les clichés ont la dent dure. Être seul, sale et soumis à un rythme fou n’est plus nécessairement le cas avec des gardes qui s’organisent", poursuite le Dr Guérin du Masgenêt. "La féminisation du métier a aussi rebattu les cartes. Les femmes aspirent à une vie de famille en parallèle de leur métier. A un équilibre. Avant, les fils de fermiers ou proches de la ferme se tournaient parfois vers ce genre d’études. C’est de moins en moins le cas."

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Pour apporter une solution à ce problème, une clinique mobile a vu le jour. A son bord, des jeunes étudiants de 5 e ou 6 e année (les deux dernières) entourés d’encadrants se rendront dans les exploitations agricoles afin de d’apporter leur expertise. "Ils seront en mesure de faire un diagnostic sur place d’un problème de rationnement par exemple, d’un métabolisme qui ne fonctionne pas normalement, d’un souci de ventilation de bâtiment, de maladies potentiellement infectieuses ou encore d’analyses de bouses de vaches. Bref, prendre le temps que n’a pas nécessairement un vétérinaire qui intervient en urgence pour une césarienne."

L’AVPL (Association des Vétérinaires de la Province de Luxembourg) veillera, en parallèle, à assurer des formations continues pour consolider la profession tout en gérant des bourses pour des étudiants.
"Deux fois par an, nous ferons aussi des actions à la ferme", précise le Dr Guérin du Masgenêt. "Une bonne vingtaine d’étudiants seront soumis à des exercices pratiques."

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Les provinces du Hainaut et de Luxembourg sont les plus impactées par cette crise. Et plus singulièrement encore nos voisins de l’autre côté de la frontière. "Pour une personne qui part à la retraite, deux nouveaux doivent arriver pour combler le vide."

Pour les vétérinaires, cela représentera une occasion d'engagement actif auprès des futurs professionnels - via le statut de maître de stage - avec la possibilité d'utiliser des ressources telles que des outils de diagnostic portatifs fournis par la faculté. Quant aux éleveurs, ils bénéficieront de conseils complémentaires gratuits et impartiaux, sans motivation commerciale.
Toujours mue par sa devise "Une ardeur d’avance", la province de Luxembourg espère ainsi susciter des vocations.

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