
Loin des festivals tentaculaires qui drainent des milliers de personnes et représentent un investissement de plus en plus conséquent, la Fête de la Musique trace son chemin et rassemble un autre public composé de fidèles, de gens du coin ou de touristes de passage.
"Chaque année, nous voyons le public grandir et l’événement gagner en notoriété. C’est devenu, pour beaucoup de Marchois et d’habitants de la province, le rendez-vous de la fin juin et le premier grand événement populaire de l’été dans la ville", souligne Simon Laval, membre de l’ASBL Foires en Fête et coordinateur de la Fête de la Musique de Marche-en-Famenne. "Ce qui est très agréable, c’est de voir un public local fidèle, mais aussi des personnes venir de plus loin. L’année dernière, nous avons par exemple croisé des visiteurs venus de Charleroi, mais aussi des touristes néerlandais qui profitaient de l’événement. Cela montre que la Fête de la Musique peut aussi avoir une vraie portée touristique et régionale".
Le principe est simple et commun à tous les lieux en Fédération Wallonie-Bruxelles: les concerts sont gratuits pour le public. "Le concept diffère légèrement du modèle français où il existe davantage une tradition spontanée du ‘tout le monde joue où il veut‘", poursuit Simon Laval. "En Wallonie et à Bruxelles, les organisateurs construisent leur propre événement, leur programmation et leur budget. Ils doivent en grande partie s’autofinancer ou, en tout cas, construire un budget cohérent. À Marche-en-Famenne, cela passe par plusieurs canaux: une aide de la Ville de Marche, de la Province de Luxembourg, des sponsors locaux, la Loterie Nationale, ainsi qu’un subside du Conseil de la Musique, qui soutient les différentes éditions de la Fête de la Musique".
Le rendez-vous n’est pas nécessairement celui des plus beaux fleurons de la musique au pays, mais un laboratoire où les découvertes sont parfois synonymes de promesses. "Nous cherchons un équilibre entre découvertes, artistes émergents, groupes confirmés, propositions familiales et projets qui ont du sens pour le territoire. L’idée n’est pas simplement de juxtaposer des noms, mais de créer une programmation cohérente, accessible et festive. Cette année, nous aurons notamment un très beau lieu partenaire: l’Alter Boutique, un projet porté par l’ASBL Andage et géré avec des personnes porteuses de handicap. C’est là que joueront les Choolers Division, un groupe de rap dont les deux chanteurs sont atteints de trisomie 21".
Une cinquantaine d’endroits dans le sud du pays proposeront une programmation variée dont six en province de Luxembourg. L’un des temps forts sera assurément le concert des légendes du rock belge, Machiavel, à Attert, à un jet de pierres de la frontière grand-ducale.
Arlon jouera la carte de l’originalité en proposant un récital d’orgue dans les trois églises de la ville (Sacré-Cœur, Saint-Donat, Saint Martin). Le village d’Izel est devenu une place forte des Fêtes avec un dimanche d’une folle richesse (Kas Product, Kris Dane, Gustave Brass Band, Jean-Paul Groove, …), Durbuy ajoutera le match des Diables rouges le dimanche et Neufchâteau s’est associé à des villages voisins pour proposer un programme éclectique avec notamment Jeronimo le samedi.
Avec Aucklane le vendredi et Mado le samedi, Marche-en-Famenne s’est assurée une affiche très solide. "Rien ne serait possible sans les bénévoles de l’ASBL Foires en Fête, ni sans nos partenaires", ponctue Simon Laval qui espère faire perdurer la tradition encore quelques années.
