"Nous sommes là pour durer"Cattenom ne veut pas partir à la retraite avant 60 ans

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Le directeur de la centrale de Cattenom présentait mercredi matin son bilan de l'année 2018, le regard tourné vers les années à venir.
Présente dans le paysage depuis plus de trente ans, la centrale a encore de belles années devant elle si l'on en croit son directeur.
Présente dans le paysage depuis plus de trente ans, la centrale a encore de belles années devant elle si l’on en croit son directeur.
© Thomas Toussaint / Archives RTL

Un oeil dans le rétroviseur, un oeil sur la route qui s’étire devant lui. Tel est la méthode de Thierry Rosso, le directeur de la centrale nucléaire de Cattenom.

Avec peu d’incidents significatifs marquants recensés au cours de l’année 2018 (44 de niveau 0 et sept de niveau 1 sur l’échelle INES, plus sept événements significatifs de radioprotection classé 0 et deux événements environnementaux), le directeur s’est montré satisfait du travail effectué.

Surtout que la centrale a vécu sa deuxième visite décennale des trente ans, un grand chantier qui doit permettre d’exploiter le deuxième réacteur pour les dix prochaines années. Elle s’est même “mieux passée que celle de 2016", a-t-il appuyé.

Place maintenant à ce qui devrait s’apparenter à deux années de transition. “2019 ne sera pas si calme car de nombreuses opérations de maintenance sont prévues mais 2020 sera moins chargée et nous permettra de préparer la visite décennale du troisième réacteur en 2021" a détaillé le directeur de la centrale.

CATTENOM A TRENTE ANS, “VIVEMENT LES TRENTE PROCHAINES”

Coupant court à toute possibilité de voir la centrale fermer, il a annoncé, avec vigueur, que les attentes des opposants à l’énergie atomique étaient vaines.

“Nous sommes là pour nous inscrire dans la durée” a-t-il clamé, en rappelant que la France souhaitait développer une énergie décarbonée et qu’EDF oeuvrait pour faire vivre ses centrales jusqu’à l’âge de 60 ans.

Cattenom en a aujourd’hui trente, “vivement les trente prochaines” a-t-il ajouté, tout en reconnaissant qu’il n’y avait aucun moyen de brûler les étapes et qu’EDF avait une visibilité de dix ans renouvelables pour chaque réacteur.

Dans les faits, difficile de lui donner tort. Certes la France a prévu de fermer 14 centrales d’ici 2035, mais les installations mosellanes ne sont pas sur la sellette.

À court terme, la pression de l’Allemagne et du Luxembourg n’y changera pas grand-chose: depuis son lancement en 1986, la production de la centrale a permis d’éviter le rejet d’un milliard de tonnes de CO2, soit trois fois les rejets annuels français. Elle fournit 65% des besoins en consommation du Grand Est et près de 10.000 personnes en dépendent, économiquement parlant. Un avantage dont la France ne peut et ne veut pas se passer.

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