
Après plusieurs mois de rencontres avec les riverains et usagers de l’A31, le ministère de la Transition écologique, via la Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Territoire, a concocté un bilan du projet d’A31bis. Entre péage, contournement de Thionville et utilisation de la 3e voie, les sujets portant à débat ne manquent pas.
Si vous en doutiez encore, il va falloir vous faire une raison: la création d’un péage entre le secteur thionvillois et la frontière luxembourgeoise semble inévitable.
Les caisses de l’État sont vides et le secteur nord de l’autoroute, principal axe de déplacement des frontaliers et artère économique de la région, est le plus urgent à développer: “la mise à péage est une condition nécessaire pour permettre de garantir la réalisation du projet A31bis sur le secteur Nord dans des délais maîtrisés” peut-on lire dans le rapport.
L’attractivité de l’autoroute reposera alors sur les tarifs du péage, qui influeront directement sur sa fréquentation et sur le report de trafic sur le réseau secondaire. Le coût pour les usagers est estimé à environ 1€ par passage depuis Thionville et moins de 2€ depuis le début de son contournement. Une étude devra déterminer si les tarifs peuvent être adaptés selon les heures de la journée.
L’État est passé de quatre à deux possibilités de contournements de Thionville, dont la traversée est saturée et inextensible. Entre la création d’un tunnel à Florange et celle d’un viaduc au nord d’Illange, la préférence de nombreux acteurs locaux va à la première solution.
Réfractaires au projet, les résidents de Florange craignent, entre autres, l’arrivée de nuisances et de la pollution, malgré un tunnel de 1.000 m. L’État précise que la longueur du tunnel et son insertion à travers la ville seront examinées “de manière approfondie” tout en “portant une attention toute particulière aux dispositifs de protection des riverains”.
La possibilité d’un contournement depuis Illange n’est toutefois pas écartée. Reste le défi posé par le château de Bétange, classé monument historique et installé sur la route de l’A31bis.

La future 3e voie de l’A31 pourrait permettre “un possible développement du covoiturage voire un développement des transports en commun sur certaines sections”, notamment pendant les heures de pointe. En clair, une possible exclusivité de la 3e voie aux bus transfrontaliers. Metz Métropole est notamment intéressée par l’idée mais là encore, une étude doit envisager si la solution est viable.
Encore hypothétique, le calendrier de l’A31bis laisse toutefois entrevoir une chose: au nord de Thionville, l’autoroute ne sera pas élargie avant longtemps. Après la prise en comptes des avis des riverains et élus, l’État va commander plusieurs études, dont les conclusions n’arriveront qu’après 2021. Viendra ensuite l’émission d’un appel d’offre pour trouver la gestionnaire du secteur nord. Les travaux, eux, ne démarreront pas avant 2023 (au mieux) et ne seront pas terminés avant 2032 (toujours au mieux).
Image bien connue des automobilistes, l’accordéon ne sera plus appliqué aux seuls bouchons. Faute de liquidités et de péage sur la section centre entre Metz et Nancy, l’État prévoit de faire avancer les travaux “par tranches en fonction des financements publics qui seront alors disponibles”. En clair, le chantier va avancer, puis s’arrêter. Puis avancer, puis s’arrêter... Jusqu’à ce que le tronçon soit terminé.
Pour les curieux, l’intégralité du rapport sur l’A31bis est disponible ici.