
L’intelligence artificielle ne détruit pas encore massivement des emplois, mais fait déjà chuter les embauches de jeunes dans certains secteurs et d’ici quelques années, l’avènement d’une nouvelle génération d’IA pourrait avoir des effets dévastateurs pour le marché du travail, selon des experts.
Evidemment, tous les métiers ne sont pas concernés, les métiers manuels dans des secteurs tels que la construction ou encore la restauration n’ont pas de soucis à se faire.
En revanche les traducteurs, les personnes travaillant dans les centres d’appel ainsi que le personnel de soutien administratif doivent se préparer à une reconversion forcée.
Dans une étude d’impact de l’IA au Grand-Duché, le Statec note que “le marché du travail luxembourgeois serait largement exposé à l’intelligence artificielle. Plus de 90% des travailleurs pourraient voir leurs activités évoluer avec son développement.”
Mais précise surtout “qu’environ 14% risqueraient de voir leur emploi automatisé par ces technologies, entraînant une possible perte d’emploi.” C’est un emploi sur sept dans le pays.
Une étude de la Coface parue le 1er avril, va plus loin et estime qu’un emploi sur six sera ainsi automatisable d’ici trois ou quatre ans. Cela représente 5 millions d’emplois pour un pays comme la France!
Certaines “familles de métiers comme le droit, la finance, l’informatique, sont les plus exposées”, relève Aurélien Duthoit, économiste à la Coface et coauteur de l’étude.
L’exposition à l’automatisation par l’IA est de 21% pour au Luxembourg. C’est d’ailleurs le taux le plus élevé observé en Europe.
Une autre étude publiée en juin 2024 par le groupe Implement Consulting indique que 72% des emplois pourraient être transformés. Il s’agit là d’une part énorme qui va conduire les travailleurs à devoir se former à bien utiliser l’IA et à l’intégrer dans leurs tâches professionnelles du quotidien.
D’après le site Moovijob.com, “46% des travailleurs luxembourgeois se disent inquiets que l’IA remplace leur emploi”, mais Moovijob relativise en affirmant que si “l’IA représente une menace pour certains emplois, elle est aussi une opportunité de faciliter les tâches de nombreux travailleurs, voire de créer de nouveaux emplois que l’on ne connaît pas forcément encore.”
Et la plateforme cite une étude du LISER (Luxembourg Institute of Socio-Economic Research) qui démontre que le Luxembourg est le pays dans lequel les entreprises utilisent le plus l’IA dans la Grande Région.

En effet, 23 % des entreprises luxembourgeoises déclarent utiliser l’IA d’une manière ou d’une autre, pour seulement 16 % en Allemagne, 10 % en France et 8 % en Belgique.
Cela s’explique notamment par la grande présence d’entreprises de finance au Luxembourg, qui fait largement augmenter ce chiffre.
En mai 2025 le gouvernement a dévoilé un plan pour 2030 définissant sa stratégie en matière d’intelligence artificielle. Sous le slogan “AI au service de l’humain”, le Premier ministre, Luc Frieden, a officiellement lancé la campagne nationale AI4LUX dédiée à l’intelligence artificielle.
Un partenariat avec l’IA française Mistral a été signé dans le cadre de la campagne, dans le but de faire du Luxembourg l’un des principaux acteurs européens en matière d’intelligence artificielle.
Et l’ADEM (Agence pour le Développement de l’Emploi) a mis en place de nouvelles formations en lien avec l’IA à travers son projet baptisé Skills4Job.