Image effacée, pape insultéLes déboires de Trump qui pourraient lui coûter cher

RTL Infos avec AFP
En prenant pour cible le pape Léon XIV, qui a critiqué la guerre au Moyen-Orient déclenchée par Israël et les Etats-Unis, Donald Trump court le risque d'en subir les répercussions politiques nationales.
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En accusant le souverain pontife d’être “faible” en matière de lutte contre la criminalité et d’être “nul en politique étrangère”, le président américain a d’abord irrité certains de ses alliés. Comme la Première ministre italienne Giorgia Meloni, qui a condamné lundi ces paroles.

Mais le septuagénaire républicain risque surtout de s’aliéner une partie de la droite religieuse lors des élections cruciales de mi-mandat en novembre.

D’autant plus que la joute verbale, opposant le commandant-en-chef de l’armée la plus puissante de la planète au chef des 1,4 milliard de catholiques dans le monde, ne semble pas en voie de s’apaiser.

Donald Trump, qui multiplie les références à Dieu depuis l’entrée en guerre des États-Unis, a ainsi dit lundi qu’il ne comptait pas présenter ses excuses au pape, le qualifiant encore une fois de “très faible”.

Il n’y a rien à regretter. Il a tort”, a dit le maître de la Maison Blanche, déjà échaudé par Léon XIV, né aux États-Unis, qui avait dénoncé l’offensive de son administration contre l’immigration illégale et l’intervention américaine au Venezuela.

M. Trump a laissé entendre que Léon n’avait été élu pape en mai 2025 que parce qu’il était américain et qu’il pourrait servir de passerelle avec son gouvernement.

“Devoir moral”

De son côté, Léon XIV a assuré que l’Eglise avait “le devoir moral de s’exprimer très clairement contre la guerre”. “Je n’ai pas peur, ni de l’administration Trump, ni de m’exprimer haut et fort sur le message de l’Evangile”, a-t-il dit.

La semaine précédente, Léon XIV avait jugé “inacceptable” la menace de Donald Trump d’”anéantir la civilisation iranienne”.

Le président américain a également publié, sur son réseau Truth Social, une image générée par intelligence artificielle le figurant en Jésus-Christ, entouré d’un halo de lumière céleste, imposant sa main sur le front d’un homme souffrant.

L’illustration, reprenant de nombreux codes de l’imagerie religieuse, n’a pas été du goût de plusieurs figures de la droite chrétienne, qui ont rapidement dénoncé une représentation “blasphématoire”.

Face à ces réactions indignées, M. Trump a retiré l’image et tenté de convaincre qu’elle le présentait en fait en... médecin.

Le président - qui se dit chrétien sans être vraiment pratiquant - a bénéficié d’un soutien considérable de la part des chrétiens et évangéliques conservateurs lors de ses mandats. Malgré ses trois mariages et les divers scandales liés à son nom.

Mais ce socle pourrait s’effriter.

L’ancienne nageuse de compétition Riley Gaines, devenue une voix écoutée parmi les chrétiens conservateurs américains, s’est ainsi insurgée contre l’image publiée par Donald Trump. “On ne se moque pas de Dieu”, a-t-elle asséné.

L’ex-élue républicaine au Congrès Marjorie Taylor Greene, ancienne fidèle de Donald Trump, s’est également indignée et a jugé que le pape s’opposait “à juste titre à la guerre de Trump en Iran”.

Elle a rappelé que le milliardaire avait choisi le dimanche de Pâques pour écrire sur sa plateforme Truth Social une “tirade maléfique": “Ouvrez le putain de Détroit, bande de tarés, ou vous vivrez en enfer”, avait menacé le président. Avant d’ajouter: “Gloire à Allah”.

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