
Le couturier est mort dans la matinée à l’Hôpital américain de Paris, à Neuilly-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine (92), selon les médias people français. Selon Paris Match, il avait été admis aux urgences hier soir et serait mort des suites d’un cancer du pancréas, annonce Public.
Si l’homme gardait sa date de naissance secrète (il serait né le 10 septembre 1933 à Hambourg), nombreux sont les médias à estimer son âge à 85 ans.
Il était depuis 1983 le directeur artistique de la maison Chanel.
Très affaibli ces derniers temps, il avait manqué plusieurs défilés de haute couture à Paris dont le traditionnel défilé Chanel au Grand Palais, le 22 janvier dernier.
La réaction d’Ezri Kahn, styliste et tailleur belge au Luxembourg.
La réaction de Stéphane Bern, contacté par téléphone.
La Sécurité routière, à laquelle il avait associé son image et son fameux “C’est jaune, c’est moche, ça ne va avec rien, mais ça peut vous sauver la vie” lui a également rendu hommage.
Bernard Arnault, PDG du géant du luxe LVMH, s’est dit “infiniment attristé” et a rendu hommage à son “ami très cher” et au “génie créatif”, dans une déclaration transmise à l’AFP.
“La mode et la culture perdent un grand inspirateur. Il a contribué à faire de Paris la capitale mondiale de la mode et de Fendi l’une des maisons italiennes les plus innovantes”, a encore souligné le dirigeant du groupe qui compte la griffe italienne dans son portefeuille.
Cheveux blancs tenus par un catogan, lunettes noires, hauts cols de chemise amidonnés, doigts couverts de bagues et débit de mitraillette: le couturier allemand à l’allure de marquis rock’n roll était reconnaissable entre tous.
Il était à la tête de trois marques (Chanel, Fendi et sa griffe éponyme), mais son nom reste étroitement associé à la maison de la rue Cambon, dont il n’a cessé de bousculer les codes en réinventant les classiques tailleurs de tweed et les sacs matelassés.
Gabrielle Chanel “aurait détesté”, affirmait le “Kaiser”, connu par ses “karlisms”, ces formules provocatrices mêlant le narcissisme et l’autodérision.
Homme de son temps, il signait des défilés aux mises en scène spectaculaires, reconstituant sous la verrière du Grand Palais tantôt une plage plus vraie que nature, tantôt les quais de Seine avec les boîtes de bouquinistes ou une forêt enchantée qui faisaient un tabac sur les réseaux sociaux.
Né à Hambourg, Karl Lagerfeld aimait entretenir le mystère sur sa date de naissance. Pour plusieurs titres de la presse allemande, s’appuyant sur des documents officiels, il avait vu le jour le 10 septembre 1933. Il affirmait quant à lui être né en 1935, indiquant que sa “mère avait changé la date”, dans une interview à Paris-Match en 2013.
Après une enfance aisée dans la campagne de l’Allemagne nazie, il déménage avec sa mère à Paris dans les années 50. Sa carrière est lancée après qu’il a remporté le premier prix du concours du “Secrétariat international de la laine”, ex-æquo avec Yves Saint-Laurent en 1954.
Au début des années 60, il travaille en styliste indépendant, collaborant avec plusieurs maisons à la fois. “Je suis le premier qui s’est fait un nom avec un nom qui n’était pas le sien. Je dois avoir une mentalité de mercenaire”, disait-il.
Il savait mieux que personne capter l’air du temps. Comme en 2004 quand il avait dessiné une collection pour le géant suédois du prêt-à-porter H&M, une démarche ensuite imitée par de nombreux créateurs.
Boulimique de travail, enchaînant les collections, Karl Lagerfeld avait aussi la passion de la photographie et signait les campagnes Chanel.
Le “Kaiser” avait aussi le talent de faire émerger des mannequins stars: la Française Inès de la Fressange, qui signe un contrat d’exclusivité avec Chanel en 1983, mais aussi l’Allemande Claudia Schiffer, la Britannique Cara Delevingne ou encore Lily-Rose Depp.
Il les voulait toujours minces malgré les exigences de plus en plus pressantes en faveur de la diversité.
“Personne n’a envie de voir des femmes rondes sur les podiums (...) Ce sont les grosses bonnes femmes assises avec leur paquet de chips devant la télévision qui disent que les mannequins minces sont hideux”, lançait-il au magazine allemand Focus en 2009, propos qui avaient suscité une plainte d’une association de défense des personnes rondes.
Sur sa propre mort, il avait aussi, comme sur les autres sujets, une idée bien arrêtée. Questionné par le magazine Numéro s’il voulait des obsèques à la Madeleine comme Johnny Hallyday: “Quelle horreur ! il n’y aura pas d’enterrement. Plutôt mourir”.
“Je veux juste disparaître comme les animaux de la forêt vierge”, avait-il complété au micro France 3.