Drame à BiarritzUne falaise s'effondre: une plongeuse tuée, un autre disparu

AFP
Les recherches doivent reprendre ce jeudi matin pour retrouver un homme de 34 ans enseveli mercredi soir en mer par l'effondrement soudain d'un pan de falaise à Biarritz, en plein épisode caniculaire, qui a coûté la vie mercredi soir à une de ses partenaires de plongée.
Foto net weit vun der Plaz, wou d'Fielswand agestierzt ass.
Foto net weit vun der Plaz, wou d'Fielswand agestierzt ass.
© PHILIPPE LOPEZ/AFP

Un premier zodiac des sapeurs pompiers est arrivé sur place vers 8h20, a constaté un journaliste de l'AFP sur place.

Mercredi soir une quarantaine de sapeurs-pompiers, dont quatre plongeurs, appuyés par un hélicoptère de la gendarmerie, ont retrouvé le corps d'une femme de 33 ans.

L'éboulement d'environ 2.000 mètres cubes de roche s'est produit vers 20H20 aux abords du phare, en plein cœur de la cité balnéaire, alors que la plage voisine du Miramar était "bondée", selon des témoins, par des températures ayant dépassé 40°C à Biarritz mercredi.

Un trou béant est visible au bout de cette falaise dominant la mer.

"Coup de tonnerre"

Vincent Pariset, réceptionniste âgé de 45 ans, qui faisait une sortie paddle dans l'eau avec sa fille, a entendu un "bruit très sourd", "comme un coup de tonnerre".

"On s'est retournés, et on a vu un pan de la falaise s'effondrer. On a vu de l'eau gicler en l'air, créant une belle vague instantanément. J'ai eu peur d'un effet tsunami. Au final, on a été chahutés, mais ce n'était pas grand-chose", a-t-il ajouté.

"On se posait souvent pour le coucher de soleil à l'endroit où la roche est tombée et on ne se serait jamais dit que la falaise pouvait s'effondrer", a témoigné auprès de l'AFP Marie Burkel, designeuse âgée de 32 ans, venue se baigner sur la plage du Miramar.

Le plongeur disparu et la femme retrouvée morte étaient "originaires de la région", selon la préfecture des Pyrénées-Atlantiques, comme un troisième homme, "indemne physiquement mais fortement choqué".

"Il était tout groggy, selon Vincent Pariset. Il peinait à parler, il a juste dit aux sauveteurs que les deux autres étaient là-bas. On a essayé d'y aller à la rame, mais on a vu qu'on ne servait pas à grand-chose".

Le Codis évoque pour sa part deux autres victimes "indemnes et très choquées", en plus de la femme morte et de l'homme disparu.

"Une expertise de la stabilité de la falaise pour éviter de nouveaux effondrements" devait être menée avant de la reprise des recherches, selon la préfecture.

Panneaux d'avertissement

Un grand panneau "Zone dangereuse" est accroché au-dessus de l'entrée de la plage Bernain, située entre le phare et la plage Miramar.

"Éboulements permanents", "Au-delà de ce panneau, accès interdit", peut-on également lire. Jeudi matin, des barrières métalliques ont été posées pour barrer l'entrée de la plage.

Ces avertissements n'empêchaient pas de nombreux baigneurs d'aller s'y installer, à l'écart de la foule, selon plusieurs témoins.

"Il faudrait interdire la baignade à moins de 20 mètres de la falaise", a déclaré Renaud Fabier, président du club de surf Grande plage Biarritz qui redoutait, "deux heures avant l'incident, un drame terrible, avec la chaleur". "A mon avis, ça va recommencer", a-t-il ajouté.

Selon une association locale de protection de cette falaise, qui va de Miramar jusqu'à la plage de la Chambre d'Amour dans la commune voisine d'Anglet, d'autres éboulements s'étaient déjà produits en juin 2018, ou précédemment en avril 2008.

"Compte tenu de cet effondrement et de la présence d'un risque imminent pour les usagers du domaine public", la mairie de Biarritz, dirigée depuis mars par l'ancien joueur vedette de rugby Serge Blanco, a indiqué avoir "pris un arrêté interdisant l'accès, la baignade et la navigation dans un périmètre de 300m depuis le pied de la falaise".

Des barrières de chantier ainsi que des rubalises de la police nationale ont été installées pour empêcher l'accès au phare, a constaté un journaliste de l'AFP.

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