
Les sept mesures concrètes présentées jeudi dernier par les ministres du Logement et des Finances vont dans la bonne direction. L’objectif est en effet de relancer la construction de logements neufs. Toutefois, d’autres ajustements sont nécessaires pour construire davantage et venir à bout de la crise du logement.
Toute personne souhaitant acheter un logement neuf, qu’il s’agisse d’un appartement ou d’une maison, bénéficiera donc d’un soutien accru grâce à des mesures fiscales. Cela va de l’exonération des droits d’enregistrement lors d’un achat sur plan, à un renforcement du "Bëllegen Akt", l'avantage fiscal accordé aux personnes qui achètent leur résidence principale, en passant par des subventions d’intérêts plus importantes, surtout pour les jeunes familles.
Le président de la Fédération des entreprises de construction, Roland Kuhn, réagit : "L’amortissement accéléré est, sous garantie, un point très important. Ensuite, nous avons la TVA à 8 %, qui me semble aussi être un point très important. Il faudra toutefois encore examiner les détails de plus près afin d’y apporter peut-être quelques ajustements."
Une analyse partagée par Steve Vermeer, porte-parole de la Fédération des développeurs immobiliers : "Ces mesures sont principalement axées sur l’achat par des particuliers. Nous aurions bien sûr également souhaité que les personnes morales soient prises en compte, car de nombreuses institutions, fondations et sociétés achètent aussi des biens immobiliers."
Au cours des 18 à 20 derniers mois, la demande de logements neufs s’est effondrée. À peine 1.000 logements ont été construits sur une année, contre environ 4.000 avant cette crise. Or, selon le Statec, il faudrait en construire 6.500 par an. Quelles en sont les causes ? De nombreuses personnes ont dû se serrer la ceinture.
Comme l’explique Roland Kuhn : "Pour les maisons unifamiliales, nous constatons par exemple que tout ce qui tourne autour d’un million d’euros représente à peu près le maximum que la plupart des gens peuvent ou veulent se permettre. C’est déjà une limite, oui."
Serge Vermeer fait également le constat que le pouvoir d’achat des ménages a diminué et qu’il faut repenser l’approche actuelle. Selon lui, il faut construire davantage de petits appartements.
"Autoriser davantage d’étages, réaliser des constructions plus compactes et avec des surfaces plus réduites. Mais aussi le problème que nous avons aujourd'hui dans de très nombreuses communes : ces exigences sont-elles nécessaires. Avons-nous besoin de cages d’escalier aussi larges ? Avons-nous encore besoin de toutes ces normes restrictives qui sont mises en place ? Ne devrions-nous pas simplifier notre approche et repenser certaines choses ? Clairement, le comportement des acquéreurs évolue constamment et nous devons veiller à répondre à leurs attentes et à nous adapter."
Oui. Construire plus petit, plus rapidement et autrement. Le secteur réfléchit actuellement beaucoup à ces questions.
Selon Roland Kuhn : "Nous devons vraiment veiller à apporter des changements au niveau des procédures, tant en ce qui concerne les délais que la qualité. Il existe plusieurs aspects qui devrait simplement être améliorés. Avec la Fédération des artisans, nous sommes en train d’établir une liste de tous les points qui pourraient être améliorés facilement, sans réduire la qualité, afin de pouvoir construire à moindre coût."
L’une des pistes envisagées est sans aucun doute une réforme de la garantie d’achèvement, qui intervient lorsqu’un promoteur fait faillite.
Comme l’explique Roland Kuhn : "Pour rétablir la confiance dans la vente en l’état futur d’achèvement (VEFA), nous avons besoin d’une garantie d’achèvement qui soit réellement une garantie d’achèvement. C’est très certainement ce dont nous aurons besoin à l’avenir et il faudra voir comment y parvenir. Le terrain devrait également être couvert. C'est une garantie. L’idée est que, lorsque des personnes achètent un bien et que le promoteur devient défaillant en cours de route, la construction puisse malgré tout être menée à son terme."
Les sujets de discussion ne manqueront pas lors de la prochaine table ronde sur le logement, qui est déjà programmée. Mais de nouvelles adaptations seront nécessaires afin de construire davantage de logements et de venir à bout de la crise du logement.