“Les musées ne sont pas des îles, mais des sanctuaires pour la tolérance et l’imagination”, commence Suzanne Cotter en indiquant l’importance de l’art et des artistes dans un monde confronté aux questions d’identités, de tolérance, de migrations. C’est ce qui l’a motivée à venir à Luxembourg et à prendre la tête du Mudam, il y a un an pour “faire rayonner le musée dans le pays et à l’international”.
Une année qui “est passée très vite” et pendant laquelle “on a pu faire beaucoup de choses”. Et Suzanne Cotter de souligner une augmentation de 33% de la fréquentation du musée en 2018, l’amenant à 133.000 visiteurs. “Cela nous montre qu’on a la capacité d’attirer plus de monde. Nous voulons aller plus loin et faire en sorte que chaque résident vienne au moins une fois au musée.”
Pour cela, elle compte sur la qualité de la programmation, mais aussi sur la place du musée dans un pays “qui regarde vers le futur” et une ville “qui se transforme dans sa démographie” et qui affiche “un dynamisme dont il nous faut profiter”.
Interrogée sur “les remous” liés aux changements entrepris, Suzanne Cotter se montre assez ferme. “J’ai trouvé étrange et regrettable que des décisions artistiques prennent une tournure politique”, dit-elle à propos de son choix de démonter la Chapelle de Wim Delvoye.
Tout en assurant “il n’existe pas d’institution culturelle où les changements ne créent pas de remous”, la directrice considère que les questions concernant “l’organisation du musée, sa gestion du personnel nécessite attention et dialogue. On est en discussion avec la délégation du personnel, ce n’est pas un sujet qui doit être dans le domaine public.”
Pendant cette année, Suzanne Cotter a tenu à “mener une réflexion sur l’architecture et la collection et à revisiter tous les espaces d’expositions”. Des réflexions qui vont se poursuivre à travers certaines expositions.
La directrice met en évidence les expositions qui ont, au cours de 2018, valorisé la collection: la peinture, la sculpture, la photographie. Elle dévoile un projet qui va se tenir dans les commerces de la ville de Luxembourg: “Fresh window verra la participation de 23 commerçants qui présenteront une œuvre de la collection qu’ils ont choisie.” Une manière de faire sortir l’art du musée et de confronter la population à ces œuvres. “On a le droit de ne pas aimer, on a le droit de critiquer, mais il faut venir voir.”
“Je sais que notre nouvelle ministre de la Culture et très sensible à la nécessité de revoir notre capacité à enrichir notre collection”, lance Suzanne Cotter comme un appel à Sam Tanson pour augmenter le budget d’acquisition du musée. Les donations, le mécénat sont aussi pointés comme source potentielle pour faire grandir la collection.
“Je vois le musée comme un espace cosmopolite, ce qui correspond bien à la vie du Luxembourg”, conclut-elle.