
Sexualité, parentalité, post-partum, anatomie: si vous n’osiez pas le dire, il y a de grandes chances que Marine Leonardi l’ait dit sur scène vendredi soir au Casino 2000. L’humoriste a abordé les sujets les plus tabous sans pour autant tomber dans les clichés. C’est d’ailleurs ce qu’il y a de plus marquant dans son spectacle. Marine Leonardi ose là ou d’autres humoristes auraient tendance à botter en touche. La Lorraine n’a pas peur de choquer et elle le fait avec beaucoup d’adresse.
Une grande partie de son spectacle tourne autour de son expérience de femme et de mère dans la société d’aujourd’hui. La place de l’homme dans le schéma familial est évidemment exploitée par l’humoriste qui prend un malin plaisir à envoyer des piques à son mari, et à la gente masculine par la même occasion. Elle n’oublie cependant jamais de rappeler “l’amour infini” qu’elle porte à son conjoint qui, d’après la description du spectacle, la préfère sur scène qu’à la cuisine. Et on comprend vite pourquoi.
Marine Leonardi réussit à faire rire là ou bien d’autres choqueraient ou offusqueraient le public. Car la frontière entre rire et indignation est souvent très fine. Un numéro d’équilibriste qu’elle a parfaitement exécuté vendredi soir au Casino 2000. Pas d’approximation ou d’hésitation pour l’humoriste qui connaissait ses répliques sur le bout des doigts. Pas d’erreur d’intonation non plus. C’est simple, Marine Leonardi a tenu son public en haleine pendant une bonne heure et demie.
Ses anecdotes sur la vie de couple, la sexualité post partum et la parentalité ont provoqué de nombreux fous rires dans la salle. Et si ses blagues résonnent si fortement auprès du public, c’est probablement parce qu’il y a une grande part de vérité dans son spectacle. “Mauvaise graine” est essentiellement une introspection teintée de “cynisme” et “d’humour noir”.
Si elle ne manque pas de critiquer son entourage (et la société en général), l’humoriste n’oublie pas de saupoudrer tout ça avec une bonne dose d’autocritique. Juste de quoi mettre tout le monde d’accord. En bref, Marine Leonardi a livré une prestation quasi-parfaite d’un spectacle véritablement “libérateur”. Pour ceux qui n’ont pas peur de se remettre en question...