
Elle est un de ces nouveaux visages de la scène humoristique francophone qui régale de ses vannes et observations douces-amères les auditeurs de France Inter (les vendredis dans La Bande originale) et de la RTS. Marina Rollman a 30 ans et n’aime rien tant que de démonter les clichés qui font les petits tracas du quotidien et de transformer les situations les plus triviales en réflexions sociétales.
Alors qu’elle s’apprête à prendre le train pour rejoindre le Luxembourg, où elle jouera son “Spectacle drôle” au Kinneksbond de Mamer ce mercredi soir, elle a répondu à 5 questions pour 5 minutes.
C’est ainsi qu’on apprend que, si elle est née en Suisse, son père est Luxembourgeois (“mais il n’y a jamais vécu et ne parle pas la langue”). “Il y a même un documentaire sur mon arrière grand-père qui était aux côtés de Jean Monnet à la création de la CECA”, se souvient-elle avant de rentrer dans le vif du sujet.
Comment vous définissez-vous: comédienne, humoriste, chroniqueuse...?
“Au départ, je suis plutôt auteur. J’ai bien essayé de monter sur scène pour un concours d’humour en 2009, mais je me suis complètement plantée. Alors, pendant cinq ans, j’ai fait autre chose et j’ai regardé tout ce qu’on peut regarder comme humoristes et standupers. Je suis devenue une sorte de geek. Cela m’a permis de comprendre la scène, d’apprendre que c’est un vrai travail...
Quels sont les humoristes qui vous ont inspirés?
“Mes modèles sont d’abord les Américains comme Jerry Seinfield, Maria Bamford ou Sarah Silverman. Ensuite, il y a une génération de francophones qui ont commencé le stand up autour du Jamel Comedy Club et dont je me sens proche comme Yassine Bellatar ou Shirley Souagnon. Aujourd’hui, on est beaucoup plus ouvert et sensible à ce qui se fait ailleurs et cette ouverture permet d’aller plus loin. On peut raffiner le propos, trouver de nouvelles cibles et de nouveaux sujets.
Vous parlez beaucoup de femmes et de féminisme. C’est une cible ou un sujet?
“Je n’ai pas le sentiment d’en parler tant que ça. Mais c’est évidemment ma sensibilité de femme qui me fait réagir à certaines choses qui me sautent aux yeux dans le monde. Ce sont les sujets auxquels je me frotte, mais je ne veux pas m’enfermer là-dedans.
Et vous n’avez pas peur de vous enfermer dans une image de “bobo de gauche” qui colle à France Inter?
“J’assume d’être bobo de gauche et de parler sur des radios de service public. Je me rends compte aujourd’hui qu’il y a une colère incroyable en France contre les médias et le parisianisme qui y règne... Il y a une grande part de fantasme des gens qui s’imagine que je roule en limousine avec chauffeur. Mais une chronique hebdomadaire, c’est 130 euros et je vais en bus à la Maison de la Radio.
Comme je n’écris pas sur la politique, mais plutôt sur le quotidien, y compris le mien, j’espère que je n’aliène pas les gens qui ne sont pas d’accord avec moi. J’espère qu’on peut encore se tendre la main, se parler plus, communiquer.
Être à la radio ou sur scène, c’est le même métier?
“C’est assez différent car à la radio, je lis, je ne joue pas vraiment. Même si c’est filmé, c’est plutôt destiné à être entendu et c’est un exercice hebdomadaire chaque fois différent, avec toujours un nouveau texte, un nouveau sujet. Tandis que pour mon spectacle, je suis debout, je bouge, je joue visuellement avec le public, il y a une place pour de l’impro... La radio est une sorte de carte de visite pour mon spectacle.”
Marina Rollman - Un spectacle drôle
Le 23 janvier à 20h au Kinneksbond à Mamer.