
Le 10 janvier 2016, le monde apprenait la disparition de David Bowie, l’un des musiciens les plus influents de la scène pop. Depuis ses débuts dans le Swinging London jusqu’à son dernier album, Blackstar, paru quelques jours avant sa mort, l’artiste britannique n’a cessé d’innover, de se renouveler, quitte à parfois décontenancer ses fans.
Au fil de sa carrière, le chanteur aux mille visages a souvent changé d’environnement et de continent pour trouver de l’inspiration et de nouveaux collaborateurs. Certains de ses albums ont été enregistrés dans des studios devenus mythiques : Trident (Londres) pour The Rise and Fall of Ziggy Stardust en 1972, Sigma Sound (Philadelphie) pour Young Americans en 1974, le château d'Hérouville (France) pour Low – en partie – en 1976, Hansa (Berlin) pour Heroes en 1977 ou Power Station (New York) pour Let’s Dance en 1982. Mais bien avant sa période de gloire, alors que le jeune David Jones rêvait encore de devenir musicien professionnel au cœur des 60's, c’est dans un petit local londonien que l’artiste en herbe s’est éveillé au travail de studio.
C’est ce qu’on apprend dans cette interview réalisée en 2003 pour un épisode de l’émission 60 minutes (CBS), restée non diffusée jusqu’à 2016 lorsque Paramount l’a rendue disponible. Et ce petit studio n’était autre que celui de Radio Luxembourg à Londres, radio pionnière s’il en est.
En 2003, David Bowie racontait ses premières sensations dans un studio : “La toute première fois que je suis allé dans un studio, c’était à Londres. Il y avait cette station de radio, Radio Luxembourg. L’un de mes amis avait la clé de service. Alors on s’est pointés un soir, aux alentours de minuit, une fois que tout le monde était parti et on a volé du temps pour enregistrer une maquette. On ne s’est pas fait attraper, alors on est revenus régulièrement. On avait presque tout un album enregistré durant les heures de nuit dans ce petit studio radio. Le son était épouvantable car le studio n’était conçu que pour les voix parlées alors on a fait ce qu’on a pu. Mais ça a déclenché ma passion pour le processus de l’enregistrement, j’ai tellement aimé… Cette sensation… Le fait d’enregistrer quelque chose, aller dans un studio, ça semblait beaucoup plus excitant à cette époque, c’était quelque chose de rare. C’est ce qu’on ressentait. Tout ce qui avait un rapport avec la musique était beaucoup plus spécial en ce sens qu’on ne pouvait pas en entendre souvent. Il n’était pas possible d'entendre de la bonne musique à longueur de journée. Aucune musique, il n’y avait pas de telle station de radio. Le fait d’enregistrer un album était encore quelque peu obscur, spécial et magique. Alors passer les portes d’un studio d’enregistrement, c’était comme être admis dans un monde supérieur. Pas comme maintenant, où les gens enregistrent dans leur chambre à coucher.”
David Bowie, cette fois artiste au succès naissant, retournera dans le studio londonien de Radio Luxembourg le 25 février 1971 pour enregistrer la première version du titre Moonage Daydream qui sera l’un des morceaux phares de l’album de la consécration à paraître, The Rise and Fall of Ziggy Stardust (1972). Cette première mouture de la chanson sortira sur un single du projet éphémère Arnold Corns que Bowie a créé avec le styliste Freddie Burretti.
Comment un morceau allemand oublié a été la matrice d'un des plus grands hymnes du rock, "Heroes" de David Bowie.
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