
Le jeu suit Frank, un jeune garçon timide qui tombe sous le charme de Sylvia, une camarade fascinée par les oiseaux. Pour attirer son attention, il se met lui-même à adopter leur comportement, dans une aventure qui mêle imagination et réalité. Une idée simple, presque naïve, mais qui trouve rapidement son charme.
Le jeu s’inspire directement de l’album jeunesse "Le jour où je suis devenu un oiseau", publié en 2017, signé Ingrid Chabbert et illustré par Guridi. Cette filiation se ressent pleinement dans le jeu, qui reprend son univers visuel et son ton délicat, entre poésie et naïveté assumée. Plus proche d’un conte interactif que d’un jeu traditionnel, le titre prolonge ainsi l’esprit de l’œuvre originale sans chercher à en proposer une adaptation stricte.
Visuellement, le titre séduit : tout semble peint à l’aquarelle, avec des personnages aux proportions enfantines et des décors qui évoquent le livre illustré. Cette direction artistique renforce l’aspect conte pour enfants et installe une atmosphère douce, presque hors du temps.
Manette en main, l’expérience se veut volontairement accessible. Exploration, petits objets à collecter, puzzles très simples : le gameplay reste limité et ne représente jamais un véritable défi, surtout pour un joueur adulte. Le rythme, lent, s’inscrit néanmoins en cohérence avec l’intention du jeu, qui privilégie l’émotion à la performance.
C’est justement là que le titre trouve tout son intérêt. Là où beaucoup de jeux misent sur l’action ou la compétition, "Le jour où je suis devenu un oiseau" propose une approche différente : une expérience calme, sans violence, qui peut parfaitement convenir à un jeune public. Accompagné d’un parent, il peut même devenir une première porte d’entrée vers le jeu vidéo, à la fois accessible et porteuse de sens.
Le récit, sans jamais aller très loin, capture avec justesse la maladresse et la tendresse d’une première amourette d’enfance. Une approche universelle, dans laquelle beaucoup pourront se reconnaître, même si l’ensemble reste volontairement léger.
Le principal défaut du jeu réside toutefois dans sa durée de vie. Bouclée en moins de deux heures, l’aventure laisse une impression de trop peu, d’autant qu’elle offre très peu de rejouabilité. À ce prix (de 14,99€ à 19,99€), certains joueurs pourraient rester sur leur faim.
Reste une expérience singulière, idéale pour initier les plus jeunes ou pour les amateurs de récits contemplatifs. Une parenthèse douce et sincère, loin des standards habituels du jeu vidéo.
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