
Le 1er mai 2022, en pleine pandémie et peu après le début de la guerre en Ukraine, les premiers plafonnements des prix de l’énergie sont entrés en vigueur au Luxembourg. Ils sont arrivés à échéance à la fin de l’année dernière et de plus en plus de particuliers le découvrent à leurs dépens. C’est le cas de Marc Morocutti, père de famille et patron d’une entreprise informatique. Il a emménagé avec son épouse dans une nouvelle maison en 2020. Pour eux, c’était une évidence de miser sur les énergies durables.
“Nous avons installé une pompe à chaleur, parce que le gaz et le fioul sont dépassés, on ne fait plus ça. Maintenant, j’ai tout le package. Et cette année, peut-être parce qu’ils ont fait craindre la fin des subventions, nous avons aussi reçu des panneaux solaires. Ils sont arrivés en octobre pour être installés sur le toit. Et en fait, nous tentons de faire tout ce qu’un citoyen ‘vert’ doit faire, pour agir durablement.”
Le ménage Morocutti reçoit toujours la facture de son fournisseur d’électricité au début du mois. “Et heureusement j’étais assis devant mon ordinateur, car j’ai failli tomber quand j’ai vu qu’elle était tout à coup de 465 euros. Puis j’ai vu que j’avais pratiquement consommé la même chose. Et pourtant, ma facture est passée de 266 euros en décembre à 465 euros en janvier.”
Sans plafonnement, le prix de l’électricité aurait augmenté de 60% cette année pour une consommation moyenne, selon le Statec. Le gouvernement a cependant promis que la hausse du prix de l’électricité sera limitée à 30% cette année, explique le ministre de l’Energie Lex Delles:
“Nous faisons un ‘phasing out’. Car nous ne voulons pas avoir un gros coup du jour au lendemain. C’est pourquoi en 2026, quand nous savons que les prix baisseront, les 30% ne seront plus nécessaires”.
Le père de famille de Mamer critique la communication du gouvernement. “Les communications n’étaient pas toujours très transparentes. Là, il était écrit, ça va un peu augmenter. Sur RTL, il y avait un article qui disait 30% pour un utilisateur normal. Et là, j’ai pensé, 30%, ça va, ça ne se remarque pas. Et maintenant, tout à coup c’est 75% et là ce n’est pas tout à fait la même chose”.
Par conviction, l’entrepreneur roule depuis 10 ans avec une voiture électrique et, avec une application, il fait très attention à ce qui est en train de charger et à quel moment dans son foyer. Il s’agit de ne pas dépasser la valeur de référence maximale.
“Ma voiture ne doit pas toujours être rechargée en 5 minutes. Cela signifie que si je constate que j’ai de la capacité libre sur le réseau, je la charge peut-être immédiatement si je dois repartir le soir. Mais si je dois partir le matin, je peux régler la voiture pour qu’elle ne charge qu’à minuit trente, lorsqu’il n’y a ni sèche-linge, ni lave-linge, ni lave-vaisselle qui tourne.”
Contacté, le fournisseur d’électricité du ménage indique qu’un certain nombre de clients ont appelé ces derniers jours en raison des fortes hausses.
Le père de famille ne cache pas son dépit: “Pour vous dire: ici, je suis totalement passé à l’électricité. Je n’ai plus ni gaz ni fioul, je fais tout proprement. Je fais tout ce que je peux. Et bang, je suis quand même sanctionné, bien que je n’ai rien fait de travers.”