
C’était la pause de midi pour les lycéens. À 13h30, quelques adolescents déambulaient dans le parc Emile Mayrisch, près de l’église. Le prévenu, un jeune ressortissant syrien âgé de 21 ans, qui comparaissait mardi devant le tribunal d’arrondissement de Luxembourg pour coups et blessures et tentative d’homicide, était aussi dans le parc ce jour-là.
Âgé à l’époque de 19 ans, il avait d’abord volé le téléphone d’un lycéen. Une fois, le prévenu a raconté qu’il avait agi de la sorte parce qu’il pensait que c’était son téléphone à lui, qui lui avait été dérobé. Une autre fois il a dit qu’il était frustré parce qu’il s’était fait voler son portable. Au cours de l’agression, il avait frappé l’adolescent au visage avant de lui donner des coups de pied dans le dos.
Ensuite il s’était approché de deux autres lycéens âgés de 17 ans et leur avait demandé une cigarette. Peu après, il avait réclamé tout le paquet. Les jeunes ayant remarqué qu’il s’était passé quelque chose avant, ils le lui avaient donné immédiatement.
Malgré tout, le jeune homme avait dit qu’il allait les tuer et une bagarre s’en était suivie. Les trois s’étaient retrouvés au sol. L’un des ados avait pu se relever, tandis que l’autre tentait de retenir l’agresseur. Ce dernier avait alors sorti un couteau de son sac banane et avait poignardé le lycéen à la jambe et l’avait blessé à la main. L’adolescent était quand même parvenu à lui enlever le couteau et à le jeter au loin. Outre les blessures par arme blanche, la victime présentait diverses contusions et traces de violences à la tête et dans le dos après la bagarre.
Le prévenu a reconnu les faits lors de l’audience. Il a affirmé être psychiquement malade. Il a répété à plusieurs reprises qu’il était désolé. Il dit aller mieux depuis qu’il prend des médicaments, un traitement qu’il suit depuis l’agression.
L’expert psychiatre lui a diagnostiqué une psychose. Le prévenu ne manifeste aucun sentiment, par exemple. Pendant son traitement en psychiatrie, le jeune homme avait toujours le sentiment d’être suivi par des homosexuels et il voyait des intrigues partout. Il voulait faire des études de commerce, mais il n’avait pas trouvé de patron de stage.
La représentante du parquet a requis à son encontre une peine d’emprisonnement de 15 ans avec un sursis probatoire, lié à la poursuite d’une thérapie. Il ne lui semble pas plausible que le prévenu n’ait pas voulu tuer quelqu’un. Après tout, la veste de la victime avait été déchirée au couteau au niveau de la cage thoracique. De plus, le jeune homme se promenait avec un couteau, ne craignait pas la confrontation et avait dit aux lycéens qu’il allait les tuer.
Le verdict est attendu le 27 février.