Dry JanuaryNe pas boire d'alcool est un choix et doit être respecté

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Depuis trois ans, l'association "Suchtverband", qui lutte contre les addictions appelle à un "Dry January" au Luxembourg, afin de limiter, voire d'arrêter totalement, sa consommation d'alcool.
© AFP

“L’alcool fait partie intégrante de notre société et la normalité est que la plupart des gens consomment de l’alcool. Les uns plus, les autres moins”, constate la directrice du Centre de thérapie d’Useldange, le docteur Claude Besenius. En tant que membre de l’association “Suchtverband”, qui lutte contre les addictions, elle milite aussi pour le “Dry January”, le mois de janvier sans alcool. Janvier est un bon mois pour renoncer à l’alcool, car les fêtes de din d’année sont passées, une nouvelle année a commencé et il faut prendre le temps de la réflexion, selon la psychothérapeute.

Comment s’y prendre pour participer au Dry January?

Rester simplement chez soi et s’isoler pour ne pas être soumis à la tentation, n’est pas la solution, indique Claude Besenius. Cela alimenterait plutôt le cafard. “Peut-être faut-il simplement réfléchir à sa motivation pour y participer”, explique la psychologue et psychothérapeute. Et puis on peut aussi la noter. Ce qui peut aussi aider, c’est d’en parler à d’autres personnes ou de motiver des amis à participer.

Si ensuite vous devez aller quelque part, vous pouvez réfléchir au préalable à la boisson non-alcoolisée que vous souhaiteriez boire. Une étape importante est d’apprendre à dire “non”. Si vous n’y parvenez pas toujours, parce que vous voulez, par exemple, porter un toast, c’est bien aussi. “Notre concept du Dry January, en tant que ‘Suchtverband’ est, soit de ne rien boire, soit de boire moins délibérément”, affirme la psychologue. Mais dans le meilleur des cas, il faudrait toujours se demander pourquoi n’avoir pas dit non à ce moment-là. La campagne porte sur un usage conscient de l’alcool. Si renoncer est trop difficile, vous devez vous demander si vous n’auriez pas éventuellement besoin d’aide.

Pourquoi participer au Dry January ?

Après un mois seulement, les gens sont nombreux à constater les effets positifs d’un renoncement à l’alcool. Ils ont plus d’énergie, un meilleur sommeil et par conséquent, une meilleure concentration. L’aspect financier peut également jouer un rôle. Arrêter l’alcool, c’est aussi faire des économies.

Cela peut aussi avoir d’autres effets sur la santé, comme diminuer le risque de certaines maladies telles que le cancer, par exemple, les cancers du foie, du sein ou de l’intestin. La consommation d’alcool peut aussi avoir des conséquences sur le psychisme humain: intensifier les états de dépression ou d’anxiété. Il existe encore d’autres effets secondaires de la consommation d’alcool: accidents, violence, comportements agressifs. Tout cela a généralement des répercussions non seulement sur la personne elle-même, mais aussi sur sa famille et sur le monde du travail.

A partir de quel moment l’alcool devient un problème?

Il n’est pas simple de répondre à cette question. Fixer cela à la quantité d’alcool consommée, est difficile, selon le docteur Claude Besenius. Il n’y a pas de consommation sans risque. La recommandation est: un verre par jour pour les femmes, deux pour les hommes. Mais pas tous les jours. Il faut compter deux à trois jours d’abstinence par semaine. Des soirées excessivement arrosées ou une consommation à long terme sont les plus nocives pour le corps.

Si vous buvez de l’alcool chaque jour et que vous ne pouvez pas y renoncer, il faut vous alarmer. In questionnaire que vous retrouvez sur www.alkohol.lu, aide à estimer votre comportement par rapport à l’alcool. Une dépendance se constate à certains critères: un immense besoin de boire, une perte de contrôle, avoir besoin de boire de plus en plus pour obtenir le même effet ou ressentir un manque physique. Malgré ces conséquences négatives, dont les personnes concernées ont parfaitement conscience, elles continuent de consommer de l’alcool et renoncent même parfois aux bons côtés de la vie pour rester chez elles et boire.

Comment venir en aide à une personne accro à l’alcool ?

Lorsque des personnes de notre entourage commencent à changer de comportement lorsqu’elles boivent, comme par exemple de l’agressivité, une consommation qui débute tôt dans la journée ou même un tremblement physique lorsqu’elles ne peuvent pas consommer de l’alcool voire des conséquences négatives visibles de l’extérieur, il faut leur en parler. “C’est très important, sans jugement, sans les culpabiliser, mais tout en leur expliquant que l’on se fait des soucis et en leur demandant comment on pourrait les aider”, explique le docteur Claude Besenius. Ces mots peuvent déjà aider la personne concernée. Peut-être qu’elle n’est pas encore prête à changer, mais il est tout à fait possible qu’elle aille chercher de l’aide.

Où peut-on trouver de l’aide ?

Le premier point de contact reste généralement le médecin traitant, en cas de bonne relation de confiance avec celui-ci. Un psychiatre peut également venir en aide, si la personne concernée en voit déjà un. D’autres solutions existent, comme le Centre Addict à Luxembourg-ville où on peut solliciter un rendez-vous pour soi-même ou pour une autre personne, qui ne doit même pas être présente. Le Centre national de prévention des addictions (CNAPA) propose également le service “Fro no” (“demande”, en français) ou encore Quai 57, une équipe pluridisciplinaire d’écoute, de soutien et d’accompagnement pour des personnes qui sont, de près ou de loin, touchées potentiellement par une addiction. Le service Impulse se concentre davantage sur l’aide aux jeunes. Les différents services et solutions sont regroupés sur www.alkohol.lu.

L’alcool et sa consommation en société

Il faut que la société toute entière comprenne que le fait de ne pas boire d’alcool est un choix personnel. “Il faut éviter qu’à chaque fois qu’une personne déclare ne pas boire de l’alcool, elle entende des réflexions comme ‘ah t’es malade ?’ ou ‘t’es enceinte ?'", explique la psychothérapeute. Celle ou celui qui ne boit pas n’est redevable d’aucune explication aux autres.

Les personnes touchées par une addiction à l’alcool éprouvent de réelles difficultés à vivre sans alcool. “Elles sont souvent exclues de la société durant cette phase compliquée”, comme l’explique la directrice du centre de thérapie d’Useldange. Il faut donc du temps à ces anciens patients afin de se retrouver eux-même et au sein de leurs communautés. Le tout dans une société où l’alcool est omniprésent et représente la normalité.

Et cela n’aide pas si on doit expliquer à chaque fois pourquoi on ne boit pas”, conclut Claude Besenius.

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