Alors que certains manifestent ce vendredi contre une mesure qu'ils jugent injuste, les résidents que nous avons croisés dans les rues de Luxembourg-ville s'interrogent sur l'efficacité de l'interdiction de la mendicité.

Depuis le 15 janvier dernier, des policiers, en uniforme et en civil, ont la possibilité de mettre en application l'interdiction de la mendicité décrétée par la Ville de Luxembourg, en l'occurrence verbaliser les personnes concernées dans la ville-haute et dans le quartier gare entre 7h et 22h.

Depuis, cette modification du règlement de police a fait bondir une grande partie de l'opposition dans le pays car la légalité de cette interdiction controversée pose question. Ce qui a contraint, jeudi, la ministre de la Justice Elisabeth Margue à confirmer qu'elle souhaitait modifier le code pénal dans le courant de l'année afin de lever l'ambiguïté juridique. La mendicité simple ne sera pas interdite au niveau national, mais les communes pourront la restreindre à certains moments et en certains lieux.

Ce vendredi 2 février, une manifestation était organisée dans la capitale, notamment soutenue par les syndicats OGBL et LCGB, des partis tels que le LSAP, déi gréng, les Piraten, déi Lénk et Fokus, ou encore par l'ONG Médecins du monde et la Commission consultative des Droits de l'Homme. Avec une revendication claire : annuler l'interdiction de la mendicité. Une mesure qui a fait réagir Amnesty International Luxembourg qui estime qu'elle "touche à des aspects significatifs des droits humains des personnes les plus vulnérables au Luxembourg."

"Je trouve ça un peu dégueulasse"

Cette interdiction n'est pas forcément bien comprise par la population, comme le confirment les réactions que nous avons recueillies ce vendredi dans les rues de la capitale.

Certes, pour cette jeune employée d'une brasserie, il est logique que les autorités cherchent à trouver des solutions à la problématique de la mendicité :"C'est vrai que pour les terrasses, c'est toujours un petit peu mieux." Mais plus loin, une jeune fille n'y va pas par quatre chemins pour décrire ce que lui évoque l'idée que des policiers verbalisent des mendiants : "Je trouve ça un peu dégueulasse, moi. Ils n’ont déjà pas grand-chose pour vivre, les pauvres, et on veut encore leur retirer, même le peu d'argent qu'ils ont, s'ils en ont."

Cette dame luxembourgeoise va jusqu'à penser que "même les policiers ont un problème avec ça [...] La loi n'est pas claire et ça, c'est un problème."