
Michelle a 23 ans, elle vit depuis six ans dans la rue. Une équipe de RTL la rencontre sur la place du Théâtre. Ses copains ne veulent pas que le caméraman filme "chez eux dans la chambre" (citation). La jeune femme est cependant prête à témoigner face à la caméra.
Avant les fêtes de fin d'année déjà, les policiers leur ont expliqué que la mendicité, c'était bientôt terminé. Et depuis le début de l'année, la police est effectivement plus stricte: "Maintenant, en mendiant, je ne l'ai pas remarqué. C'est-à-dire que quand j'étais assise là, je n'ai pas eu de problèmes. Les copains m'ont raconté qu'ils ont effectivement eu des problèmes. Je remarque plutôt le soir, là où nous dormons, que la police vient un peu plus souvent, que nous devons nous déplacer et ce n'était pas le cas avant. (...) Nous sommes partis et nous ne sommes plus leur problème. C'est ainsi que cela se termine pour nous."
Quel que soit l'interlocuteur, une chose est sûre: l'incertitude grandit chez les sans-abris. D'une part, ils sentent qu'ils ne sont plus les bienvenus dans la ville haute.
Mais d'autre part, il leur manque des solutions alternatives et des règles claires:"Qu'on puisse lire clairement: ce que nous pouvons encore faire, comment, où? Ce que nous ne pouvons plus faire et où pouvons-nous aller pour avoir une alternative, car c'est facile d'avoir une solution pour l'un, mais alors il faut aussi avoir une solution pour l'autre. Car sinon on a le même problème à un autre endroit. Et puis il faudra intervenir à un moment donné après quatre ou cinq ans, et alors c'est vraiment du papier inutile," dit Michelle.
A première vue, il semble y avoir suffisamment d'alternatives et de mesures de soutien. Michelle explique qu'elle est trop jeune pour certains programmes de soutien et que son ami est trop âgé pour d'autres. Alors ils préfèrent rester en couple dans la rue 24 heures sur 24.
Même dormir au Findel, dans les locaux de l'Action hiver, n'est pas une option pour Michelle et ses copains: "(...) les uns sont un peu plus propres, d'autres sont vraiment plutôt dégoûtants. On ne veut vraiment avoir rien à voir avec qui que ce soit là-bas. Et puis il y a ceux qui sont vraiment très dépendants de la drogue, ceux qui ne font vraiment plus attention à rien et ce n'est pas si agréable pour les autres. C'est exactement ce qui se passe dans des endroits comme celui-là. Et je me tiens loin de cela, par exemple."
Le reportage de RTL en luxembourgeois:
Le reportage de RTL en luxembourgeois:
Le fait que jour après jour, des mendiants soient assis avec un gobelet dans la Grand-Rue - pratiquement devant sa porte - ne dérange pas vraiment Carlo Keller. Il peut même accepter d'une certaine manière que la galerie devant sa boutique, soit désormais un endroit populaire pour dormir.
Mais il y a quelque chose qui énerve ce commerçant de la capitale depuis des années:"Quand ils partent le matin, c'est parfois 'eng Sauerei' (une porcherie) comme on dit au Luxembourg, que personne ne peut imaginer. Il y en a qui urinent sur nos vitres, les autres, je ne sais pas ce qu'ils font, ils barbouillent les vitres. Un samedi matin, nos deux vendeuses sont arrivées, elles ont eu besoin de 40 minutes pour nettoyer toute la galerie, et ça, je ne trouve pas ça correct."
Il montre des photos sur lesquelles on peut voir, quand une demi-douzaine de personnes dorment dans la galerie, à quel point ils laissent ses vitres sales en partant et il raconte que lui et son personnel ont déjà été agressés quand ils ont dit quelque-chose. Il a suivi avec intérêt les discussions sur l'interdiction de la mendicité.
Une interdiction qui, selon lui, passe à côté du vrai problème:"L'interdiction de la mendicité, ce n'est déjà pas mal que ce soit arrivé en un sens, mais cela ne change rien à notre situation. Comme je l'ai dit, je n'ai pas de problème avec les gens assis là avec leur gobelet, mais c'est le soir que j'en ai un. Le soir, après 19, 20h00, en ce qui concerne la saleté, là il faut entreprendre quelque-chose!"