
Les faits remontent au 3 mai 2021. Le frère et la sœur, âgée alors de 36 ans, étaient à l'époque hébergés par leur mère. Une dispute avait éclaté entre eux dans la maison familiale et avait rapidement dégénéré. Ce soir-là, la victime, qui avait bu de la vodka et fumé du cannabis, se trouvait dans la cuisine. Après des attaques verbales contre sa sœur, il avait également voulu s'en prendre physiquement à elle.
La femme avait alors repoussé violemment son frère, qui avait trébuché et était tombé par terre. La prévenue s'était ensuite ruée sur lui. Elle avait saisi sur le plan de travail un couteau de cuisine et avait poignardé la victime à cinq reprises dans le dos. Quand les policiers étaient arrivés sur les lieux, l'homme était mort.
La victime était retournée vivre chez sa mère, suite à une maladie pulmonaire. Et six semaines avant le drame, la sœur avait également rejoint la maison familiale, parce qu'elle s'était temporairement séparée de son compagnon. La relation entre les deux femmes et la victime était tout sauf bonne. Lors du procès en première instance, il avait été dit à l'audience qu'un climat de terreur régnait dans la demeure. En plus des attaques verbales, il y aurait eu des agressions physiques.
En première instance, les juges avaient condamné l'accusée à 18 ans d'emprisonnement, dont 13 avec sursis. Avec cette sentence, ils étaient restés en-deça des 25 ans de prison requis par le parquet. La question de savoir si l'accusée avait agi avec préméditation ou sous le coup de l'émotion, avait joué un rôle important.
Lors du premier procès, il avait été question de circonstances atténuantes. Le comportement de la victime envers sa mère et sa sœur avait été pris en compte. La victime aurait terrorisé la famille. En plus des attaques verbales constantes, la victime aurait agressé physiquement les membres de la famille. Lors du procès en première instance, la mère, âgée alors de 72 ans, avait déclaré à l'audience qu'elle était "morte de peur devant ce type."
Mardi, c'est une jeune femme désemparée qui s'est présentée devant les juges, peinant presque à trouver ses mots. "Je sais pourquoi je suis ici et ce qui s'est passé", a-t-elle déclaré. C'est quelque-chose qu'elle n'oubliera jamais, mais elle aimerait ne pas retourner en prison. Elle a une famille, un enfant, un mari et un travail.
Elle a une nouvelle fois évoqué les faits les uns après les autres. Comment elle avait été injuriée par son frère, qui s'était ensuite avancé vers elle. Comme elle avait voulu se défendre avec ce qui lui était tombé sous la main.
Son avocat a demandé aux juges d'appel de retenir l'"excuse de la provocation". "Si ma cliente a réagi de cette manière, c'est parce qu'elle a été agressée en premier", a affirmé Maître Philippe Schloesser. Oui, elle a réagi trop violemment, mais ce n'était pas sans raison. Elle était paniquée. L'enquête menée par la police sur sa cliente auprès de la famille et des amis a aussi révélé que la jeune femme n'avait jamais été agressive et avait toujours essayé d'éviter les conflits. L'avocat demande donc une peine avec sursis.
La représentante du parquet envisage différemment le déroulement des faits. Elle attribue un certain sang-froid à l'accusée, ainsi qu'un passage à l'acte réfléchi. "Il n'y a aucun indice qu'elle ne pouvait pas maîtriser ses actes", selon la représentante du parquet. Elle a encore rappelé que l'accusée avait prononcé des phrases telles que: "Nous ne pouvons pas continuer ainsi". Pour le Parquet général, aucun indice nouveau ne figure au dossier.
Par conséquent, la substitut a demandé la confirmation du jugement de première instance, à savoir 18 ans d'emprisonnement, dont 13 avec sursis. Le verdict de la Cour d'appel est attendu le 16 janvier.
Le reportage de RTL en luxembourgeois: