Avec la baisse de la demande sur le marché immobilier, l'activité de la construction connaît une crise inédite au Luxembourg depuis 2009. Le Statec dévoile des chiffres records.

Cela fait un bon moment que le secteur de la construction est en déclin et les nouvelles ne sont pas rassurantes en cette fin novembre 2023. Depuis août, l’indicateur de confiance pointe en-dessous de sa moyenne de long terme et aurait atteint le point bas rencontré au moment de la crise Covid-19.

"La chute observée est plus prononcée au Luxembourg qu’en zone euro", note le Statec, dans sa nouvelle publication mensuelle sur l'état de la conjoncture luxembourgeoise.

RTL

Indicateur de confiance dans la construction / © Comission européenne, STATEC

Outre l'Allemagne, c'est au Luxembourg que le secteur de la construction de bâtiment est le plus en difficulté dans la zone euro. Sa valeur ajoutée brute a baissé de presque 12% en an, contre 2,5% pour le génie civil et les travaux de construction. Une différence qui s'explique par la baisse de nouveaux projets immobiliers, dont dépend le secteur de la construction.

Répercussion immédiate, l'emploi dans ce secteur s'en trouve fortement impacté et continue de diminuer depuis le printemps. Le Statec relève une diminution de l'emploi salarié de 2,7% en octobre 2023. Cela représente une baisse "encore plus forte qu’en 2009 lors de la crise financière", note le Statec.

Aux côtés de l'Italie, la Lituanie et l'Estonie, le Luxembourg fait partie des quatre pays de la zone euro qui voient l'emploi de la construction baisser aux deuxième trimestre 2023. Le Statec relève également une augmentation de 45% d'inscrits à l'Adem dans le domaine de la construction, ce qui indique le faible besoin en main-d’œuvre.

Le logement en cause
En un an, la construction a perdu 3% de taux d'investissement, alors qu'il continue d'augmenter dans les autres secteurs.

Les transactions immobilières ont baissé de presque 50%, "et même de 70% pour les appartements en construction", précise le Statec. Une chute de la demande immobilière expliquée par la hausse des taux d'intérêt.

Logiquement, les prix immobiliers diminuent également, affichant une baisse de 6,4% en un an. Les crédits immobiliers suivent cette chute au troisième trimestre 2023. Le Statec affirme que "les banques ne s'attendent pas à un retournement sur la fin de l'année". Rien de rassurant pour cette fin d'année, à voir comment les choses évoluent pour 2024.