
Même pas un tiers. C'est la part des élues au sein de la Chambre des députés. Avec 18 femmes élues députées pour les 60 postes à pourvoir, la parité est loin d'être atteinte.
Par rapport à la législature sortante, c'est un recul puis le parlement comptait 22 députées. Même si 11 avaient été élues directement, les autres étant assermentées après la constitution du gouvernement (à l'exception de deux élus déi Lénk entrées en poste en cours de mandat pour faire respecter la parité voulue par le parti).
Trois jours après les élections, un seul parti atteint la parité: déi Gréng, qui compte de hommes et deux femmes dans ses rangs à la Chambre.
Les électeurs du LSAP, du DP et du CSV ont chaque fois envoyé cinq femmes au Parlement. Et l'ADR compte sa première femme députée dans l'histoire du parti.
Seulement 18 femmes élues directes sur un total de 60 représentants, c'est décevant, estime Claire Schadeck, observatrice politique du CID Fraen an Gender: "À nos yeux, la responsabilité n’en incombe pas seulement aux électeurs, mais aussi aux partis.Quelles personnes envoient-ils aux tables rondes? Quelles personnes parlent à la radio, sont visibles? Car avec notre système de panachage, ce sont évidemment les personnes qui sont connues, qui sont élues."
Deux des quatre grands partis ont après tout désigné une tête de liste nationale féminine. Dans la circonscription Est, quatre mandats sur sept sont même allés à des candidates.
Une représentativité paritaire à la Chambre serait d'autant plus importante que les nouveaux députés participeront activement au vote des mesures politiques au cours des cinq prochaines années, selon Claire Schadeck: "Les femmes ayant, en raison de leur socialisation différente, une autre réalité de vie, elles apportent des perspectives différentes, c'est pourquoi il est extrêmement important qu'elles soient également représentées à la Chambre."
Plus il y a de diversité au sein de la Chambre, mieux c'est. Michèle Schilt du "Zentrum fir politesch Bildung" (centre pour la formation politique) fournit la même piste de réflexion: "On peut bien sûr dire qu'il est important qu'une Chambre représente le pays et ses habitants. Il est évidemment alors aussi important qu’un peu de tout soit représenté. Au mieux, aussi paritairement, comme c'est le cas dans la réalité. Mais la question des femmes est une question qui peut se poser, comme on peut aussi se poser celle du statut professionnel, celle de l'âge."
Liz Braz, Claire Delcourt et Alexandra Schoos sont trois jeunes femmes qui ont réussi le grand saut et vont rentrer au Parlement. Il sera aussi intéressant de voir combien de femmes comptera le prochain gouvernement. Une fois sa composition connue, certains élus laisseront place à ceux arrivés juste derrière eux dimanche pour rejoindre le gouvernement. Ce n'est qu'à ce moment-là que nous disposerons de l'image définitive de la représentativité au Parlement.
Le reportage de RTL en luxembourgeois: