"Je n'ai pas envie d'être maman"Ces résidentes qui ne veulent pas d'enfants

RTL Infos
C'est un sujet dont on entend parler de plus en plus souvent, même si la thématique reste loin d'être démocratisée: les femmes qui disent non à la maternité et tout ce qu'elle implique. Rencontre avec Marine et Paloma, deux femmes qui ont décidé de ne pas avoir d'enfants.
Ces Luxembourgeoises qui ne veulent pas d'enfants
Témoignages de femmes qui disent "non" à la maternité.

"On n'a pas besoin d'avoir des enfants pour être accomplie". Marine, 31 ans, est formelle: elle n'aura pas d'enfants. Un choix qui s'est révélé comme une évidence dès son adolescence. Une vision de la vie que partage Paloma, jeune femme de 27 ans qui elle aussi, a tourné le dos à la maternité.

Et elles ne sont pas seules: Une étude du magazine Elle en partenariat avec l'Ifop datant de septembre 2022, a révélé que 30% des Françaises en âge de procréer ne veulent pas d'enfants. Des chiffres qui manquent au Luxembourg, alors même que la tendance prend de l'ampleur en Europe. Une tendance qui se manifeste notamment sur les réseaux sociaux où de nombreuses communautés "childfree" se sont créées ces dernières années, à l'instar de TikTok où le #childfree cumule 1,1 milliard de vues et rassemble des milliers de vidéos autour de la thématique, comme celle-ci:

La liberté avant tout

Elles se revendiquent "childfree" (libérées d'enfants) plutôt que "childless" (sans enfants) afin de mettre en exergue cette notion de liberté. Une notion au cœur des arguments avancés par Marine et Paloma. C'est tout d'abord évidemment la liberté de choisir ce qu'elles font de leurs corps et de leurs vies, qu'elles endossent, une manière finalement de se réapproprier leurs destinées après des siècles d'injonction à la maternité, où elles jouissaient de peu de liberté de décision sur leur futur.

"Pendant les vingt prochaines années de ma vie, je n'ai pas envie d'élever un enfant.", nous souffle Paloma. Le non désir d'enfant de Paloma vient aussi du fait qu'elle est atteinte d'une maladie auto-immune. Le risque de transmettre sa maladie à son enfant, et les risques pour sa propre santé qu'entraînerait une grossesse, ont aussi pesé sur sa décision.

Mais ce qui entre aussi en jeu, c'est une liberté qu'elles désirent garder, préserver à tout prix, être libres d'être spontanées, de partir à l'autre bout du monde sur un coup de tête, de changer ses plans à la dernière minute, et de ne pas avoir quelqu'un sous leur responsabilité. "J'aime ma vie en tant qu'une personne seule, je n'ai pas envie d'avoir une autre personne dont la destinée est liée à la mienne et qui dépend de moi", explique ainsi Marine.

Le fait que de nombreuses femmes ne veuillent pas d'enfants, est aussi à mettre en lien avec le manque d'égalité au niveau de la répartition des tâches ménagères et du temps consacré à l'éducation des enfants. Au Luxembourg, 30,9% des femmes travaillent à temps partiel, contre 7% des hommes. Une autre étude du Statec, en 2012, a révélé qu'une femme passe environ 19 heures par semaine à s'atteler à des tâches ménagères, contre huit heures pour un homme, une différence flagrante. Dans le même registre, une femme passe environ 35 heures par semaine à s'occuper de ses enfants, contre 21 pour les hommes. Une réalité que Marine rejoint: "Si j'avais des enfants, l'école m'appellerait moi, le médecin m'appellerait moi, (...), la société me mettrait ce poids, même si j'étais dans une relation où tout est partagé équitablement".

Des idées reçues tenaces

"Attends de rencontrer la bonne personne, ça viendra tout seul", "tu verras, tu le regretteras plus tard": Tant de remarques, de phrases toutes faites, et bien d'autres encore que les femmes qui ne veulent pas d'enfants entendent continuellement.

"Je ne vais pas le regretter, je pense que j'ai une idée très claire de ce que je veux pour mon futur", Paloma est sûre de son choix, et fatiguée de devoir se justifier.

Au sujet de l'instinct maternel, cette capacité supposément innée qui permettrait aux femmes de savoir instinctivement comment prendre soin de leurs enfants, Marine est tout aussi formelle: "Je pense que de manière innée, les femmes n'ont pas de qualités spécifiques par rapport aux hommes".

Marine et Paloma ont toutes deux entrepris des démarches pour avoir recours à une ligature des trompes. Une procédure qui leur a été refusée par plusieurs médecins, en argumentant qu'elles seraient trop jeunes pour ce type de décisions. Arguments qui révoltent les deux femmes, qui estiment pouvoir disposer de leurs corps comme elles le souhaitent.

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