
En outre, on a l'impression qu'il y en a de plus en plus. Beaucoup de gens qui vendent, mais de moins en moins de gens qui achètent. Une impression confirmée par le secteur immobilier.
Manuel Rizzo est membre du comité de la Chambre immobilière et il a lui-même une agence immobilière. Il connaît donc le marché et il sait que de moins en moins de particuliers peuvent se réjouir d'être propriétaire de leur logement: "Parce que le client ne peut plus rien acheter, parce qu'il ne peut plus se le permettre financièrement. Le stock d'objets qui sont en vente, devient de plus en plus important. Dans les agences, nous ne recevons plus de "client acheteur", car la situation sur le marché est telle que le client à la corde autour du cou en matière de financement et qu'il doit par conséquent aller louer."
Pour les agences immobilières, cela implique que les rentrées d'argent viennent à manquer et, à un moment donné, cela conduit à des discussions sur les coûts dans toutes les entreprises. Dans de nombreux cas, cela signifie des licenciements et ce n'est pas différent ici: "Nous parlons ici des gens qui sont vraiment employés dans le secteur. Nous ne parlons pas d'un freelance, qui travaille pratiquement seul et qui n'est payé qu'à la commission. Nous parlons d'employés qui travaillent déjà dans ces entreprises depuis des mois ou des années et qui doivent donc vivre avec la crainte de perdre leur place si nous ne remettons pas le marché en marche très rapidement."
Pour Jean-Paul Scheuren, le président de la Chambre immobilière, le principal problème se situe dans les nouvelles constructions, où, notamment à cause de la hausse substantielle des prix, il y a encore moins de ventes que pour les maisons et appartements plus anciens. Il craint que la véritable crise ne soit encore à venir, après le congé collectif cet été: "Tout d'abord, parce que le congé collectif est toujours une lourde charge pour les entreprises et ensuite qu'être là, à l'automne, avec moins de travail, amènera évidemment un certain nombre d'entreprises à leurs limites ou les conduira à devoir fermer ou licencier des salariés."
L'Etat, qui devrait racheter des projets privés, cela ne convainc pas le président de la Chambre immobilière: "J'aimerais savoir combien d'appartements ils ont achetés jusqu'à présent. Nous en parlons maintenant depuis six mois, je ne suis au courant d'aucun dossier qui soit signé. Alors le gouvernement devrait mettre sur la table combien d'appartements il achète, qu'est-ce que nous en retirons? Ce serait quand même mieux si nous avions des investisseurs qui achèteraient 1.500 à 2.000 appartements et là nous progresserions vraiment dans le secteur."
Les responsables politiques auraient déjà dû intervenir il y a six mois, estime Jean-Paul Scheuren, chaque instant où nous attendons encore, reviendrait à verser de l'huile sur le feu.