
Les trois fournisseurs de gaz naturel Enovos, Sudenergie et Electris étaient présents lors d'une Commission spéciale "Tripartite" organisée ce mercredi à la Chambre.
Cette entrevue a permis de confirmer que la baisse de prix constatée sur les marchés n'a pas encore été répercutée sur les consommateurs luxembourgeois.
Cela est dû en partie au fait que les fournisseurs achètent à long terme, mais surtout au fait qu'actuellement, les prix du gaz seraient encore freinés par l'État, explique Alain Fürpass, directeur de Sudenergie.
D'un prix très élevé en octobre (1,71€ le mètre cube), nous sommes redescendus à environ 1,05€/m3. Du mieux, mais c'est toujours plus que le plafond appliqué par l'État à 0,83€. Impossible donc de constater une baisse des factures.
Malgré tout, les Luxembourgeois ont réussi leur pari: réduire leur consommation de gaz. Une économie de 26% a été mesurée au Luxembourg entre août et mars, par rapport aux cinq dernières années.
Un effort rendu facilité par des températures plus clémentes cet hiver et d'autre part, à une prise de conscience de la population. En termes de chauffage au gaz, un degré en moins représente une baisse de la consommation de 6%.
Grâce à ces économies, la totalité du budget prévu par l'État n'a pas été utilisée, et le ministre de l'Energie, Claude Turmes, se montre optimiste pour le reste de l'année. Le ministère considère que l'enveloppe de 390 millions pour la subvention temporaire du prix du gaz ne sera pas utilisée dans son intégralité.
Le plafonnement du prix du gaz s'appliquera encore jusqu'en 2024. Comme toute l'Europe, le Luxembourg veut à nouveau réduire sa consommation de 15% cette année.
La modération est cependant toujours de mise, prévient Claude Simon, Directeur du département Energy Sales d'Enovos. La guerre en Europe n'est pas encore terminée et un problème technique pourrait toujours mener à une nouvelle baisse des livraisons de gaz. Sans oublier un hiver plus rude, qui pourrait faciliter une pénurie.