
Le conseil communal de la Ville de Luxembourg a adopté lundi une modification ad hoc du règlement de police. La majorité communale actuelle DP-CSV a voté en faveur de cet ajustement, en revanche l'opposition, à savoir le LSAP, les Gréng et déi Lénk ont voté contre.
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La majorité a affirmé vouloir viser avec ce règlement la mendicité organisée et pas les simples mendiants. Aucun détail supplémentaire n'a été fourni sur la mise en oeuvre de cette disposition lors de la séance du conseil. En fait, la mendicité organisée est déjà interdite depuis 2015 dans la capitale.
Il ne serait généralement pas possible de faire une distinction entre quelqu'un qui demande simplement de l'aide et quelqu'un qui appartient à un groupe organisé. "Il est très difficile d'apporter des preuves. Mais cela ne peut pas être une raison pour baisser les bras", a déclaré la députée-maire DP, Lydie Polfer. C'est pourquoi il y aura maintenant une interdiction sectorielle limitée pour tout le monde.
L'élu CSV Paul Galles fait confiance à l'intuition des gens qui verbaliseront. Il serait généralement difficile de se rapprocher au moyen de l'aide sociale de ceux qui sont victimes de la mendicité organisée. Ils la refuseraient. Un constat que partage l'échevin CSV aux Affaires sociales, Maurice Bauer.
Pour sa part, le LSAP a reproché au collège des bourgmestre et échevins d'utiliser cette problématique pour faire polémique avant la campagne électorale. "Les citoyens de la capitale sont embêtés par ces gens. Les commerçants de la Ville de Luxembourg disent qu'ils perdent leurs clients", selon Tom Krieps. Il estime toutefois que la modification du règlement de police telle que prévue par le collège échevinal, ne serait pas conforme à la nouvelle Constitution. Une limitation de la liberté humaine devrait être régie par une loi et non par un règlement.
La bourgmestre a indiqué que les communes d'Ettelbruck et de Diekirch auraient déjà un tel article dans leur règlement. Pareil à Dudelange sous une autre forme. Là, les habitants seraient en outre informés sur le phénomène de la mendicité organisée via un dépliant. On pourrait imaginer le faire aussi dans la capitale, souligne l'échevin CSV Serge Wilmes.
Les Verts trouvent que le collège des bourgmestre et échevins agirait ici de manière inhumaine. Il tenterait de résoudre un problème avec des mesures, qui ne pourraient être appliquées dans la pratique, selon Maria Eduarda de Macedo. Le conseiller communal de déi Lénk, Guy Foetz, a également parlé d'une action disproportionnée. Quand on parle de mendicité, il ne faudrait pas rattacher cela à un acte criminel.