
"C'est une situation que je n'avais jamais vécue." Les pénuries de médicaments ne sont pas un phénomène nouveau, mais le problème s'est énormément renforcé ces derniers mois. La situation est d'autant plus problématique, que ce sont des médicaments d'usage quotidien qui manquent, tels que le sirop contre la toux, des antibiotiques pour les enfants ou des médicaments pour la tension artérielle élevée ou pour le diabète. Et il y a très peu d'alternatives à ces médicaments, comme nous l'a expliqué ce mardi matin au micro de RTL, Alain de Bourcy, président du syndicat des pharmaciens luxembourgeois.
Il n'aurait jamais pensé qu'une telle situation pourrait arriver. "C'est bien que le printemps arrive". Il ajoute que si la situation continue de s'aggraver, les politiques devront intervenir, également au niveau européen et il faudra exercer une pression sur l'industrie pharmaceutique.
À cela s'ajoute le fait qu'il n'y a que quelques usines qui produisent les médicaments, et ce en plus dans des pays tels que la Chine, où des tensions politiques et suspensions de livraisons pourraient rapidement arriver. Il est donc important d'avoir plus de productions de proximité. Ce sont des questions que doit traiter la Commission européenne, insiste le président du syndicat des pharmaciens.
Alain de Bourcy ne voit pas de dépendance négative avec la Belgique. 85% des médicaments du Luxembourg viennent de la Belgique et cette coopération aurait toujours bien fonctionné.
En ce qui concerne le nombre de pharmacies - nous en avons actuellement 98 - Alain de Bourcy n'est pas contre l'idée de l'augmenter en fonction du nombre de la population. Mais ça ne signifie pas qu'il faudra tout libéraliser, souligne le président du syndicat. Les médicaments doivent continuer à être vendus dans les pharmacies. C'est en effet dans l'intérêt de la santé de tout un chacun, ajoute le président du syndicat.