
Depuis trois ans, voyager dans les transports publics luxembourgeois est gratuit pour les usagers. Une première mondiale à l'échelle d'un pays, mais dont il est encore difficile d'en tirer tous les enseignements. Notamment parce que le nombre de passagers a été fortement affecté par la pandémie.
En ce qui concerne le transport ferroviaire, depuis 2005, le nombre de passagers dans les trains était en constante augmentation. Selon le ministère des Transports, un pic a été atteint en 2019 avec 25 millions de passagers. L'année suivante, ce chiffre est tombé à 14,5 millions à cause de la pandémie. Un léger redressement a été constaté en 2021 avec 16,6 millions de passagers. L'an dernier, ce chiffre a fortement progressé pour atteindre les 22,1 millions d'usagers, selon les données officielles.
Depuis son inauguration en décembre 2017, le tram enregistre une croissance constante, à l'exception de l'année 2020 marquée par la pandémie. À titre de comparaison, alors qu'en décembre 2018, la moyenne hebdomadaire d'usagers du tram était de 22.065, elle est passée à 88.218 en décembre 2022.
Ce qui est certain, c'est que l'introduction de la gratuité des transports publics a stimulé le débat sur notre mobilité, et c'est une évolution positive, selon le ministre des Transports, François Bausch. Et le débat ne se limite pas au Grand-Duché ou à la Grande Région, mais il s'étend à travers le monde.
Pour l'instant, François Bausch n'en pas encore satisfait de l'offre luxembourgeoise. "Quand l'ensemble du 'plan national de mobilité', que j'ai présenté l'an dernier, sera réalisé, à l'horizon 2035, nous serons très certainement alors qualitativement dans un autre monde au Luxembourg", selon le ministre des Transports. "C'est la clé du succès dans la conversion des gens. Ils choisissent une alternative à la voiture, par exemple, s'ils savent qu'elle présente certains avantages. Il n'est pas nécessaire que ce soit exactement la même chose, mais les correspondances doivent être bonnes, les trains doivent être aussi ponctuels que possible, le service autour doit fonctionner, ce doit être confortable. C'est à cela que nous travaillons actuellement."
Même si de nombreuses personnes se sont réjouies de l'introduction de la gratuité des transports publics, tant du côté du public que des syndicats, dont le syndicat des chemins de fer Syprolux, un certain nombre d'inquiétudes avaient été exprimées à l'approche de la mise en place de la mobilité gratuite, notamment quant à la reconversion du personnel. Trois ans plus tard, syndicats et ministre s'accordent pour dire que la mise en place de la mobilité gratuite était une bonne initiative.
Le reportage de RTL en langue luxembourgeoise: