
Il est beaucoup question en ce moment de prise en charge médicale hors hôpital, notamment avec le Centre médical Potaschbierg, qui devrait être rattaché au CHL. Outre le Centre hospitalier du Nord, le Centre hospitalier de Luxembourg est le seul hôpital qui a encore droit à une annexe hospitalière dédiée à certaines activités médicales ambulatoires. En effet, en cette matière, les établissements hospitaliers ne peuvent pas procéder comme ils l'entendent: le nombre de leurs annexes est fixée par la loi. Actuellement, chacun des hôpitaux luxembourgeois peut disposer de deux annexes. Le ministère de la Santé souhaitant ajouter huit annexes supplémentaires à ce contingent, le conseil de gouvernement a adopté mercredi un projet de loi qui autorise deux annexes supplémentaires par établissement hospitalier.
Ces annexes pourront pratiquer de l'imagerie médicale, mais aussi des interventions non-chirurgicales, la dialyse et l'oncologie. Il s'agit d'une nouvelle étape dans la réduction des séjours stationnaires à l'hôpital, comme c'est prévu dans l'accord de coalition.
Les nouvelles annexes pourront être exploitées par l'hôpital seul ou par l'hôpital en collaboration avec des médecins.
"Cette collaboration est un élément clé car elle réglemente la façon de coopérer. Un nouveau type de contrat devrait être créé, qui servirait pour toutes ces annexes et qui déterminerait la manière de travailler sur un tel site, la répartition des responsabilités, l'organisation de la gestion, le pouvoir décisionnel des médecins sur place, la manière dont ils doivent s'investir dans les gardes etc", selon Paulette Lenert.
La solidarité entre médecins est un point important pour la ministre de la Santé. Les gardes et les permanences seraient des prestations essentielles, qui devraient toujours être assurées.
"Si elles ne le sont pas, nous en arrivons à une situation très difficile et fâcheuse, où surviennent des situations dont nous ne voulons pas et cela demande aussi de la part des médecins de la solidarité, ce qui signifie que toute personne qui exerce dans ce pays est automatiquement autorisée à exercer dans ce pays et a droit à la tarification prévue. En contrepartie nous attendons que les spécialités nécessaires dans les hôpitaux soient assurées par les médecins via des gardes."
Des règles s'appliqueront donc aussi aux médecins de ces structures externes. Les huit annexes supplémentaires qui vont être créées, susciteraient déjà beaucoup d'intérêt, selon Paulette Lenert.
"Un grand intérêt du CHEM et de ses radiologues. Un groupe de radiologues, qui est demandeur pour éventuellement établir une annexe vers Mondorf. Les Hôpitaux Robert Schuman nous ont présenté leur projet pour Junglinster. Tout cela, ce sont des possibilités qui s'ouvrent à travers ce projet de loi."
L'annexe qui reste actuellement disponible pour le Centre hospitalier du Nord, devrait être utilisée pour l'installation d'un IRM à Wiltz, a dit le ministre de la Sécurité sociale, Claude Haagen. Le nombre d'appareils à IRM est passé de 7 à 11 ces trois dernières années au Luxembourg. Les délais d'attente ont pu être réduits de 20% en moyenne, d'après Paulette Lenert, mais ces investissements ne se feraient pas encore sentir à 100% à cause de la pandémie.
Le Premier ministre, Xavier Bettel, a déclaré que le conseil de gouvernement avait donné mercredi son feu vert au projet de loi, qui allait être présenté à la Chambre. Il n'a pas souhaité s'approfondir sur son contenu, mais il a dit qu' "Une profession libérale doit rester une profession libérale, mais avec une collaboration avec un hôpital.”