Une centaine de cigognes observées au Luxembourg "Un groupe exceptionnellement grand", qui migre "relativement tôt"

Andy Brücker
adapté pour RTL Infos
Actuellement, les cigognes sont présentes en nombre au Luxembourg. Une centaine de cigognes auraient été aperçues au Grand-Duché.
© Domingos Oliveira

Des cigognes sont actuellement présentes au Grand-Duché et, il semble qu'elles s’y sentent très bien. Le photographe animalier Bob Bertemes se réjouit lui aussi de voir autant de cigognes faire escale actuellement au Luxembourg lors de leur migration. De nombreuses personnes lui ont d’ailleurs envoyé des photos. Selon les informations dont il dispose, les premières auraient été aperçues à Pommerloch.

"Il y en a apparemment un peu plus d’une centaine. C’est un groupe très important à l’échelle du Luxembourg. On voit régulièrement des cigognes en migration, mais c'est vraiment un groupe exceptionnellement grand, qui est aussi en route relativement tôt. C'est très probablement lié à la sécheresse, qui pousse les animaux à se déplacer un peu plus tôt, car ils trouvent moins de nourriture dans les zones où ils se trouvent habituellement. Ils prennent donc peut-être la direction du sud un peu plus tôt que d’ordinaire."

© Domingos Oliveira

L’an dernier, nous avions observé un phénomène similaire, mais les cigognes étaient arrivées au Grand-Duché environ deux semaines plus tard. Cela montre que les habitudes de ces animaux évoluent également en fonction des conditions météorologiques et de la disponibilité de la nourriture.

"Oui, je pense que la cigogne blanche est ce que nous appelons une espèce qui vit au contact de l’homme. Elle apprécie sa proximité et recherche en fait des prairies humides, où elle se nourrit de vers, de souris, de grenouilles et d’autres petits animaux. Mais comme les sols sont actuellement très secs, elles ont parfois du mal à enfoncer leur bec dans la terre. De toute façon, il n’y a pratiquement plus de vers, puisqu’ils se sont enfoncés très profondément dans le sol. Quant aux grenouilles, les mares et les étangs sont asséchés. Il y a donc une certaine pénurie de nourriture. C’est probablement ce qui les pousse à entamer un peu plus tôt leur migration vers le sud."

La pluie tombée lundi soir a également pu jouer un rôle dans leur décision de faire une escale au Grand-Duché. En tout cas, elles ne semblent pas craindre la présence humaine. C’est aussi ce qu’a constaté notre caméraman lorsqu’il a photographié les oiseaux.

"Elles aiment aussi beaucoup aller dans les champs où l'agriculteur est en train de labourer ou de réaliser des travaux agricoles, afin de profiter de la nourriture qui est alors plus accessible. La pluie récente a très probablement eu pour effet de les contraindre à se poser. Elles n’aiment bien sûr guère voler lorsqu’il y a des orages ou de la pluie. Alors elles se posent et une fois qu’elles ont trouvé un endroit, où elles ont trouvé un peu de nourriture, elles ont tendance à y rester pour reconstituer leurs réserves, notamment leurs réserves de graisse. Il peut alors arriver qu’elles demeurent sur place pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, si les conditions leur sont favorables, avant de reprendre leur vol."

© Domingos Oliveira

La fréquence des étapes que les cigognes effectuent lors de leur migration vers le sud dépend essentiellement des conditions météorologiques et, en particulier, du vent. Lorsque celles-ci sont favorables, elles peuvent parcourir plusieurs centaines de kilomètres d’une seule traite. On constate toutefois que, sous l’effet du changement climatique, de nombreuses cigognes ne migrent plus aussi loin qu’auparavant. Autrefois, elles rejoignaient toutes l’Afrique. Aujourd’hui, lorsque l’hiver est relativement doux, certaines restent même toute l’année dans nos régions.

"Il est déjà arrivé d’observer des cigognes blanches au Luxembourg en hiver. On trouve également, dans les pays voisins, plusieurs endroits où elles hivernent vraiment. Elles effectuent alors simplement une dispersion locale, mais sans vraiment aller très très loin. Ce qu’elles faisaient traditionnellement. C’est pourquoi il est difficile de dire où celles-ci vont se rendre maintenant. Vont-elles voler jusqu’en Afrique ? Traverser le Sahara ? Ou bien rester dans le sud de la France ? Peut-être même demeurer dans la région si l’hiver s’avère particulièrement clément ? Mais il est encore beaucoup trop tôt pour le dire."

Lorsque les cigognes sont présentes au Luxembourg, il ne semble pas qu’elles soient impopulaires. Bien au contraire. Les agriculteurs ne subissent pas non plus de préjudice particulier, puisqu’elles se contentent de manger quelques souris ou quelques vers dans les prairies et les champs.
 
"Dans certaines communes où elles sont très très nombreuses et nichent sur les toits des habitations, on entend parfois dire qu’elles font bien sûr un peu de bruit, notamment à cause du claquement caractéristique de leur bec. Elles construisent également de très grands nids sur les toits, ce qui peut parfois être un peu gênant. Mais je pense que la cigogne blanche est un symbole de bonheur et l’on dit depuis toujours qu’elle apporte les bébés. En principe, les gens sont donc extrêmement heureux lorsqu’ils en voient une. On le constate aussi à travers les réactions que j’ai reçues, et que vous avez reçues vous-mêmes : les gens sont vraiment ravis d’apercevoir une cigogne blanche. Et je crois que c’est également le sentiment qui domine chez les agriculteurs, qui sont plutôt contents de leur présence que préoccupés par d’éventuels problèmes qu’elles pourraient causer."

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